101 mots de Jean-Louis Violeau


En 2000, j’entrais au conseil d’administration de l’école d’architecture de Paris-Belleville. A notre installation, le directeur de l’école, Jean-Pierre Bobenriether, offrait à tous les membres du CA un ouvrage qui venait de paraître aux éditions Recherche : « Quel enseignement pour l’architecture ? «  écrit par un jeune sociologue Jean-Louis Violeau. Première rencontre. Il aura fallu attendre la sortie en 2005 de :  » Les architectes et mai 68 «  pour que je comprenne enfin les enjeux, les guerres intestines, les rapports de force auxquels je venais d’assister en tant qu’étudiant-élu en charge de la réforme HMONP au  ministère de la Culture et la Communication. Seconde rencontre. Ce n’est que grâce aux réseaux sociaux que j’ai pu enfin rentrer en contact avec Jean-Louis Violeau pour le rencontrer In Real Life (IRL), comme on dit aujourd’hui. C’est ainsi que le talentueux auteur accepta de publier sur mon modeste blog un texte  » L’auteur (en architecture), c’est qui ? « , avant propos de son ouvrage  » Les 101 mots de l’auteur (et de ses droits) en architecture à l’usage de tous  » qui vient d’être récemment publié et dont je vous propose une courte recension.

Ce court ouvrage se décompose en deux parties. La première, courte de 27 pages, introduit chez le lecteur la notion d’auteur en convoquant autant les architectes que les artistes, les philosophes et les intellectuels. Ne se limitant pas à une posture universitaire en ne se référant qu’à des morts panthéonisés, Jean-Louis Violeau nous plonge dans l’actualité non pas dans but simpliste de simplifier la compréhension du lecteur mais bien, au contraire, de montrer la justesse de son propos par l’analyse du présent. L’auteur en architecture n’est pas un sujet de morts et de patrimoine. Les exemples soulignés, Soler à Paris (p.12) Chemetov à Courcouronnes (p.14), ou encore Ciriani à Arles (p.14), n’en sont que la preuve  la plus aboutie.

Dans la seconde partie rédigée sous la forme d’un abécédaire de 101 mots allant de AB ORIGINE à WRIGHT, Frank Lloyd que Jean-Louis Violeau confirme non seulement tout son talent d’écrivain à la fois touchant parfois, drôle souvent, mais aussi il nous montre sa fidélité à ses maîtres et à lui-même. On retrouve donc : Roland Barthes (p.37), Pierre Bourdieu (p.43), Michel Foucault (p.76) mais aussi Baudrillard (souvent), Chris Marker (p.90), Nantes (ici ou là). Il n’oublie non plus aucun architecte-auteur : Emile Aillaud (p.30), Riccardo Boffil (p.40), Chemetov père et fils (p.52-54), Henri Ciriani (p.61), Rem Koolhaas (p.86), Le Corbusier (p.88), Claude Parent (p.102)… Aucun n’échappe son œil malin. On sent dans l’écriture que l’auteur s’amuse et qu’il a pris du plaisir à écrire cet ouvrage. Il nous épargne la lourdeur universitaire qu’un Professeur, HDR de surcroît, nous aurait habituellement imposé.

Pour autant, l’exercice de style auquel se livre Jean-Louis Violeau n’est pas totalement gratuit. Il inscrit sa démarche de sociologue dans cet ouvrage en tentant de définir/ re-définir le métier d’architecte au XXIème siècle. Il arrive avec une capacité de synthèse étonnante à nous montrer dans le détail et l’anecdote ce que nous n’aurions pas vu pour en définir un tout. C’est là tout le talent de l’auteur. Nous avions écrit à plusieurs mains un abécédaire ironique de l’architecture, il n’en aura fallu que deux à Jean-Louis Violeau pour écrire le sien que, vous l’aurez compris, je recommande chaudement.

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