Leonarda : la gauche et la double pensée.

Comment ne pas marcher sur des œufs quand nous parlons politique migratoire et reconduite à la frontière ? A gauche, la question est particulièrement sensible et fait souvent perdre la raison à nombres de responsables et militants politiques. Débattre sereinement s’avère impossible comme si la simple évocation de ce thème faisait le lit du Front national. Alors quand il s’agit d’une jeune kosovare de 15 ans prénommée Leonarda, brillante scolairement qui est expulsée dans son pays d’origine, plus rien ne semble rester dans le domaine du sensé : de l’évocation de rafle (les heures les plus sombres…) au fascisme de Valls, rien ne nous est épargné. Si les conditions de cette expulsion sont bien évidemment critiquables et que toute la lumière doit être faite sur cette situation, il est intéressant de l’analyser par le prisme orwello-michéiste de la double pensée.

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Islam, République et laïcité ou comment droite et gauche font le jeu du Front national.

Le Ramadan a débuté aujourd’hui. Pour la plupart des musulmans, c’est un moment de spiritualité et de recueillement qui reste intime. Pour les hommes politiques, c’est le moment pour penser à la place des musulmans. A la droite-extrême de l’UMP, ça dérape : ici un élu UMP qui critique une brochure publicitaire faisant la promotion du Ramadan ou encore le maire de Nice qui considère que l’islam est incompatible avec la République. A gauche, c’est la mairie de Paris qui organise « comme chaque année » (sic) la nuit du Ramadan le 17 juillet prochain. Stigmatisation et rejet sous couvert de laïcité d’une part et communautarisme religieux au prétexte de l’ouverture culturelle d’autre part, à gauche comme à droite, c’est la laïcité et la République qui trinquent au profit, malheureusement, du Front national.

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Indivisibilité et bons sentiments : le droit de vote des étrangers

Alors que le Front National atteignait 46,24% des voix au second tour de l’élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot dimanche dernier, qu’ Esther Benbassa se sentait obligé d’organiser au Sénat une cérémonie «d’octroi symbolique» du droit de vote et d’éligibilité aux étrangers lundi dernier et que la gauche organisait hier une «soirée de débat festive en faveur du droit de vote pour tous les étrangers aux élections locales», un ami, Jorge Morales (musicien, musicologue et enseignant à l’Université de Paris-Sorbonne) franco-mexicain récemment naturalisé a souhaité s’exprimer sur ce qu’il considère comme une aumône que lui-même n’aurait pas accepté. Il est évident que je souscris pleinement à ces propos.

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