Fêtes religieuses et neutralité de l’Etat : la faute du gouvernement.

Tout en définissant, selon lui la laïcité, « Toute atteinte au libre exercice du culte est intolérable, et toutes les croyances religieuses doivent pouvoir s’exprimer dans notre Pays dans le respect des lois de la République, de la laïcité et des convictions de chacun. » le premier ministre Jean-Marc Ayrault en avait trahi le principe même quelques minutes auparavant en déclarant. « En ce jour de la grande fête de l’Islam, l’Aïd el Kebir, célébrée partout dans le monde, je voudrais adresser, à tous les musulmans de France, mes vœux les plus sincères. »  En se rendant à une fête religieuse accompagné du ministre de l’intérieur Manuel Valls, le premier ministre commet plus qu’une faute grave, il ne respecte pas la constitution qui dans son article premier est clair : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. » 

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Les « ambiances ethniques » de l’APUR…

Il y’avait eu en mai 2012 la fumeuse une de Libération sur les « Cabinets blancs de la République ». Le même mois l’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme) publiait plus discrètement une étude sur le Quartier des gares du Nord et de l’Est – Diagnostic prospectif – Dynamique urbaine et évolutions des faisceaux ferrés : une étude aussi dense qu’intéressante jusqu’à la page 65 avec l’apparition d’une carte que je vous laisse découvrir ci-dessous.

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Islam, République et laïcité ou comment droite et gauche font le jeu du Front national.

Le Ramadan a débuté aujourd’hui. Pour la plupart des musulmans, c’est un moment de spiritualité et de recueillement qui reste intime. Pour les hommes politiques, c’est le moment pour penser à la place des musulmans. A la droite-extrême de l’UMP, ça dérape : ici un élu UMP qui critique une brochure publicitaire faisant la promotion du Ramadan ou encore le maire de Nice qui considère que l’islam est incompatible avec la République. A gauche, c’est la mairie de Paris qui organise « comme chaque année » (sic) la nuit du Ramadan le 17 juillet prochain. Stigmatisation et rejet sous couvert de laïcité d’une part et communautarisme religieux au prétexte de l’ouverture culturelle d’autre part, à gauche comme à droite, c’est la laïcité et la République qui trinquent au profit, malheureusement, du Front national.

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Indivisibilité et bons sentiments : le droit de vote des étrangers

Alors que le Front National atteignait 46,24% des voix au second tour de l’élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot dimanche dernier, qu’ Esther Benbassa se sentait obligé d’organiser au Sénat une cérémonie «d’octroi symbolique» du droit de vote et d’éligibilité aux étrangers lundi dernier et que la gauche organisait hier une «soirée de débat festive en faveur du droit de vote pour tous les étrangers aux élections locales», un ami, Jorge Morales (musicien, musicologue et enseignant à l’Université de Paris-Sorbonne) franco-mexicain récemment naturalisé a souhaité s’exprimer sur ce qu’il considère comme une aumône que lui-même n’aurait pas accepté. Il est évident que je souscris pleinement à ces propos.

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On ne laisse pas Babyloup dans un coin.

Pendant sa campagne électorale des élections législatives de 1869, alors que l’Eglise tient toujours une place considérable dans la vie sociale (hôpitaux, orphelinat, crèche, enseignement, etc…), Gambetta allié à d’autres radicaux rédige son fameux Programme de Belleville. Gambetta milite déjà pour la séparation des Eglises et de l’Etat et promeut l’instruction laïque, gratuite et obligatoire. Treize ans plus tard, le 28 mars 1882, l’enseignement devient enfin gratuit, obligatoire et laïque. Il faudra encore attendre la grande loi de 1886 pour que la laïcisation de l’école soit totale avec la laïcisation du personnel enseignant. C’est dans ce contexte qu’ouvre à Paris -mais aussi en France- la première crèche laïque municipale: la crèche laïque de Saint-Fargeau qui existe toujours et qui est devenue une association privée le 28 juillet 1904. Dans ce quartier populaire de la capitale, cette crèche accueillait pour la première fois des enfants de « mère seule » ou encore les non-catholiques: une première à l’époque. Ce mouvement de laïcisation des crèches cherchait non seulement à éduquer les mères et les enfants mais aussi à former dès la naissance le futur citoyen. Cent trente cinq plus tard, l’arrêt de la Cour de Cassation pourrait, à l’instar de la crèche BabyLoup, pourrait mettre fin à cette aventure républicaine et laïque.

CrechelaiqueSaintFargeauAgence LEM+ architectes – Photographie © Patrick Tourneboeuf

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