Archionline : une fausse bonne idée ?

Dans mon précédent billet, j’évoquais le cas du site Archionline, un site récent qui se propose de démocratiser les maisons d’architectes grâce une plateforme collaborative. Les architectes déposent leurs vieux plans et les clients potentiels les achètent à bas coût. Se voulant être les « Zara de l’architecture« , les deux jeunes créateurs du site, sortis tout droit d’une école de commerce et dont l’un est le fils d’un architecte, expliquent sans ironie que leur démarche s’inscrit dans la défense des malheureux architectes qui n’ont pas accès la commande privée de la maison individuelle. Retour et explication sur un projet controversé qui agite la toile depuis quelques jours.

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Questionnaire d’archi à la Pivot – volume 13

Puisque seuls, les journalistes du groupe Moniteur souhaitent répondre au questionnaire d’archi à la Pivot (c’est un appel à ceux de D’A, Archiscopie, A vivre, AA, Criticat…), cette semaine, c’est la journaliste Félicie Geslin qui est l’invitée et elle a décidé de se présenter toute seule comme une grande : 
« Historienne de l’art formée à l’Ecole du Louvre en muséologie et à Paris IV en art moderne, je travaille dans la presse écrite depuis près de 15 ans. Souscrivant à la définition donnée par Marc Barani de l’architecture comme étant « la science des correspondances subtiles », j’assume pour Le Moniteur une double casquette d’iconographe – illustrant hebdomadairement le journal – et de rédactrice pour la rubrique Architecture & Urbanisme.
Pour le reste, je citerais simplement les lignes que je trouve les plus émouvantes sur l’architecture, parce que la littérature tient une place importante dans ma vie.
« Notre vie est brève : nous parlons sans cesse des siècles qui précèdent ou qui suivent le nôtre comme s’ils nous étaient totalement étrangers ; j’y touchais pourtant dans mes jeux avec la pierre. Ces murs que j’étaie sont encore chauds du contact des corps disparus ; des mains qui n’existent pas encore caresseront ces fûts de colonnes. Plus j’ai médité sur ma mort et surtout sur celle d’un autre, plus j’ai essayé d’ajouter à nos vies ces rallonges presque indestructibles. » (Tellus stabilita, Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar) » 

De la marchandisation des études d’architecture.

Alors que la profession est au plus mal, jamais autant d’élèves post-bac n’ont souhaité s’inscrire dans les écoles d’architecture. Ainsi, le nombre de diplômés ne cesse d’augmenter et avec cela la précarisation de la profession, elle aussi, ne cesse de croître. C’est tout le paradoxe des études et du métier d’architecte depuis une quinzaine d’années (voir le rapport d’Olivier Chadoin et Thérèse Evette sur les statistiques de la profession architecte 1998-2007). L’accès aux études s’est complexifié et tend de plus en plus à la reproduction sociale et à la disparation totale d’enfants de classes populaires dans les écoles. Cette situation tendue a ouvert les appétits des petits marchands d’espoir. Passons les en revue.

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