L’armoire à plans, fable industrielle et bureaucratique.

Olivier  Dufau  a exercé  pendant quarante-deux ans  le métier d’architecte. Il a aussi longtemps enseigné  le projet d’architecture dans ses rapports réciproques avec la construction. En 2009, il publie dans la revue Le Débat, un article intitulé « L’armoire à plans, fable industrielle et bureaucratique ». Faisant suite à mon storify sur le BIM, j’ai été invité par des amis à lire cet article. J’ai trouvé dans les mots et l’humour d’Olivier Dufau, un écho que je me devais de vous faire partager. J’ai donc demander à l’auteur son autorisation pour reproduire son article. Voici sa réponse :

Monsieur,

En ce qui me concerne le document ayant été publié il est public et donc reproductible par tous, je ne vois pas pourquoi Gallimard (Le Débat) s’opposerait à sa diffusion, s’il refuse dîtes le moi. Je suis contre toute propriété artistique, vaste fumisterie et je suis cohérent. Pour moi les idées et les formes appartiennent à tout le monde ou plutôt à ceux qui savent s’en servir.

J’ai d’autres documents inachevés sur le BIM  qui sonnent le glas définitif du métier d’architecte. Je les finirai un jour ! Ce genre de textes n’est compréhensible que par ceux qui ne sont pas architectes.

Laissons les architectes se suicider dans leur ghetto professionnel.

Pour me résumer, vous pouvez faire ce que vous voulez avec mon texte si vous le gardez en entier car il a sa cohérence interne.

Olivier Dufau

Bonne lecture.

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[EXCLUSIF] : les résultats des Parpaings d’or de l’architecture 2014.

Avec 25000 pages vues pour l’édition 2014, l’édition des parpaings de l’architecture 2014 fait un peu moins bien que les précédentes années. Cependant, le nombre de votes a explosé avec près de 35000 votes pour 18 questions, soit un peu moins de 2000 votes par questions. Ces chiffres nous renseignent : cette édition a été moins relayé par les médias grands publics et a donc concentré son intérêt pour les (seuls) architectes -dans toutes ses dimensions- avec un ratio plus importants nombres de votes/pages vues. La conclusion est donc simple, les parpaings d’or de l’architecture intéressent beaucoup plus que les architectes que les gens, ils perdent ainsi l’intérêt qu’ils avaient, c’est-à-dire : décloisonner une profession qui a tendance à rester dans l’entre-soi, à se regarder le nombril et ne pas regarder ailleurs pour ne pas que l’autre regarde chez nous et évidemment rire de nous. L’autodérision et l’humour étant le corollaire nécessaire à toutes remises en questions. Mais ne boudons ces chiffres, cette édition fût malgré tout une réussite, même si cette année, il n’y aura pas de cérémonie faute de temps, d’argent et d’aide.

Par ailleurs, même si je n’exclus pas d’ici quelques années de refaire des Parpaings d’or, la périodicité annuelle ne semble pas être très opportune ; il n’y en aura donc pas l’an prochain. Cependant, rien ne vous interdit de vous marrer en voyant les heureux lauréats de cette année.

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Questionnaire d’archi à la Pivot – volume 16

Il y a quinze jours, Martin Argyroglo, photographe d’architecture, était surtout connu des architectes et encore pas de tous (c’est de lui, pourtant, les photos du Zoo de Vincennes dont je parlais ici). Une photographie prise le soir de la manifestation pour Charlie Hebdo partagée sur compte Twitter l’a non seulement fait connaître au grand public mais l’a sûrement fait rentrer dans l’histoire. Le tweet le voici :

Il a accepté de répondre au petit jeu du questionnaire d’archi à la Pivot et j’ai profité de cette interview pour vous montrer d’autres photographies de lui que vous découvrirez dans un diaporama à la fin de ce papier.

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En cherchant Charlie, on a trouvé la France.

Benjamin Sire est l’invité du blog pour cet hommage à Charlie et la France. Il est journaliste et compositeur. 

Il y a des lendemains de célébration douloureux, même lorsque l’ambiance y fut joyeuse. De ces gueules de bois qui invitent les tambours du Bronx au petit déjeuner. De ces souvenirs honteux de propos déplacés et de gestes cavaliers qui laissent en bouche des effluves où la gène le dispute au dégoût. De ces personnes dont on aurait refusé l’hommage et avec lesquels, sous le coup de l’empathie éthylique on a frayé sans prévenance.

Sans doute tous ces ingrédients auraient pu marquer l’aube de ce 12 janvier 2015, matin incertain encore troublé de ce chant de sirènes qui rappelle l’effrayant contexte qui nous réuni si nombreux dimanche dans les rues de France.

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