Papy (Nouvel) fait de la résistance.


Alors que le 12 août prochain, Jean Nouvel fêtera ses 70 ans, c’est un jeune homme que l’on a vu remonter sur le ring médiatique ce 18 juin. Il était ce matin sur France Inter, puis en conférence de presse dans son agence (à suivre ). Il poussait son coup de gueule dans la Nouvelle Édition sur Canal+ ce midi et il sera en débat ce soir au pavillon de l’Arsenal. Silencieux depuis l’inauguration qu’il avait boudée en janvier dernier, Jean Nouvel attendait le feu vert de ses avocats pour rentrer dans le tas. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que tout le monde en a pris pour son grade…

De la maîtrise d’ouvrage à l’entreprise en passant par les différents ministres de la Culture et élus en tout genre, pour Jean Nouvel tous sont responsables de ce qu’il appelle le sabotage de son projet de la Philharmonie de Paris. Mensonge sur le prix dès le départ, immixtion de tous les intervenants contre son avis, décisions prises sans son aval, éviction du chantier, malfaçons en tout genre (voir diaporama à la fin), Jean Nouvel aura tout subi sur ce chantier maudit. À l’instar de ce qui arrive tous les jours à de nombreux architectes plus modestes et discrets, Jean Nouvel est le responsable de tous les maux, le coupable de toutes les fautes, le chef d’orchestre de cette catastrophe. À ceux, qui comme le rapport du Sénat («Tout se passe comme si le geste architectural et le perfectionnement technique du projet avaient primé sur une stricte et économe définition des besoins réels») l’accusent d’être mégalo, d’être une diva capricieuse, Jean Nouvel répond froidement par les chiffres. Le coût des principaux partis pris architecturaux s’élève à moins de 6% (DP_Philharmonie_18.06.2015). Tout est détaillé : du contrat pénalisant pour l’architecte, des délais d’études réduits, de l’appel d’offres quasi non concurrentiel, des conditions du marché de travaux de Bouygues… L’entreprise de « Nouvel bashing » mise en place par une maîtrise d’ouvrage, qui considère l’architecte comme un prestataire de service qui obéit et ferme sa gueule, ne résiste que peu à l’argumentaire affûté et précis du fact-checking développé par les avocats et l’atelier Jean Nouvel. En montrant les faits, le lauréat du Pritzker Prize 2008 espère retrouver auprès de la ministre de tutelle une oreille attentive à sa volonté d’en terminer avec ce chantier, mais pour cela « il faudrait un miracle. Un ministre de la Culture qui soit ministre des architectes » auquel lui même ne croit évidemment plus.

Si Jean Nouvel ne peut être exempt de tout reproche -il a forcément sa part de responsabilité- sa prise de conscience tardive sur l’état de la profession d’architecte, dont il est l’un des plus connus représentants, est bonne à prendre.

Si sa volonté de défendre sa Philharmonie se retrouvait, autour de nombreux autres confrères, dans une bataille plus large de défense de l’architecture, des architectes et de la qualité architecturale, mais aussi de lutte contre les lois iniques de généralisation des marchés globaux (PPP, conception-construction…) et de massacre de la loi MOP, Jean Nouvel pourrait porter haut la voix de toute une profession qui crève la gueule ouverte.

S’il a le courage de dépasser sa propre personne, Jean Nouvel en sortirait grandi et retrouverait peut-être une place dans l’estime de ses confrères.

Allez Jean, chiche.

La #Failharmonie. Tous ces superbes coquilles sont de la responsabilité de l’entreprise et de la maîtrise d’ouvrage. Les Ateliers Jean Nouvel n’ont pas pu intervenir.

10 réflexions sur “Papy (Nouvel) fait de la résistance.

  1. Ça veut dire dire quoi « Le coût des principaux partis principaux architecturaux s’élève à moins de 6% » ? ça a l’air vachement convaincant mais même sans la faute de français ça reste assez incompréhensible…

  2. Quelle horreur cet édifice… Entre ça et le Musée des Confluences de Lyon, décidément, on aime bien exposer son propre caca aux yeux de tous ces temps-ci. AJN et Coop Himmelb(l)au nous ont habitué à mieux !

  3. « l’ abeille et l’ architecte est le titre d’ un livre de Guy Croussy, que j’ ai eu le plaisir d’ avoir comme prof, à l’ université de Lille en 1976

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