Que les architectes reprennent la parole !


Au rassemblement du 22 janvier 2015 au palais Iena où se rassemblaient une centaine d’architecte, Mariette Colin-Moreau a été invité à prendre la parole pour présenter son projet de réappropriation du débat architecturale par et pour les architectes. Voici son discours de présentation. 

Je m’appelle Mariette Colin-Moreau, je suis architecte, j’exerce depuis 10 ans dans les domaines de l’architecture, de l’aménagement et de l’urbanisme, en Midi-Pyrénées, dans le Gers. Je suis aussi Maître Assistant Associée à l’école d’architecture de Toulouse où j’enseigne le projet en 3° et 4° année. La démarche que je vais vous exposer est portée par une poignée d’architectes répartis aux quatre coins de la France. Pour commencer je me permettrai quelques mots au sujet de notre situation à tous, architectes. J’expliciterai ensuite le déroulement de notre démarche, puis son état d’avancement, pour finir par répondre aux éventuelles questions. Nous constatons tous ici l’agonie de notre profession et c’est probablement ce qui nous réunit aujourd’hui. Une agonie qui a débuté il y a longtemps déjà, et qui pourrait bien nous précipiter vers la fin si nous ne réagissons pas. Si notre tragédie est probablement étroitement liée à la crise économique, nous devons aussi admettre que des causes d’ordre structurelles et culturelles nous ont conduits jusqu’à cette situation. Les principaux textes qui régissent l’exercice de notre profession ; la Loi sur l’architecture, la loi MOP, sont-ils encore adaptés à notre société ? et force est de constater qu’ils pourraient bien faire l’objet de modifications profondes dans le cadre des réformes à venir portées par le Gouvernement. Le taux de syndicalisation dérisoire au sein de notre profession nous écarte des prises de décisions : les architectes ne sont pas entendus, depuis très longtemps, parce que nous nous sommes désintéressés de nos institutions et organisations professionnelles. Nos représentants, ordre et syndicats, ne sont pas soutenus par la majorité d’entre nous, architectes… nous ne « pesons » plus… La démarche que nous proposons vise justement à structurer un débat interne à la profession, pour :

  • Mobiliser massivement la profession, les architectes doivent à nouveau « faire corps » ;
  • Faire preuve d’innovation, la gouvernance de nos institutions et organisations doit se moderniser ;
  • Etre force de propositions, nous devons conduire un travail collectif pour être entendus par les pouvoirs publics.

Il s’agit d’organiser une très large concertation des architectes sur le devenir de la/des professions, autour de 3 thèmes : la loi sur l’architecture, la loi MOP et la formation initiale et continue. Cette concertation fait appel à 4 dispositifs aux temporalités distinctes : un forum national, des blogs régionaux, des assemblées en région et une conférence nationale.

1-CRÉATION D’UN FORUM NATIONAL, pour «DONNER / LIBÉRER LA PAROLE»

Ce forum électronique est un lieu de rencontre, de débats, sorte de laboratoire où chacun peut y « jeter » ses idées pour les partager, les faire évoluer, y travailler collectivement… et probablement y livrer sa souffrance, étape probablement incontournable pour favoriser par la suite l’apaisement des comportements. Tout l’intérêt de ce dispositif réside dans la possibilité de pouvoir conduire des discussions auxquelles peuvent participer un nombre illimité d’architectes, quelles que soit leur situation géographique, de pouvoir y participer à n’importe qu’elle heure du jour ou de la nuit. Ce forum est déjà ouvert et le restera encore pour de nombreuses
années.

2-CRÉATION DE BLOGS RÉGIONAUX (1 par région)pour « FORMULER DES PROPOSITIONS »

Sur le même principe que le site dédié aux universités d’été de l’architecture, ces forums régionaux fonctionnent par contributions suivant des thèmes prédéfinis. Nous proposons 3 thèmes : la Loi sur l’architecture, la Loi MOP et l’enseignement de l’architecture/la formation des architectes. Le fonctionnement est simple : les contributions sont transmises par email ou directement via le site. Des administrateurs ont la tâche de :

  • Vérifier l’inscription des contributeurs au tableau régional de l’Ordre des architectes ou dans les ENSA (la question des ADE), ou la détention du diplôme d’architecte ;
  • Mettre en ligne les contributions après détermination du/des thèmes auxquels elles se rapportent ;
  • « filtrer » les contributions inappropriées.

3-TENUE D’ASSEMBLEES EN RÉGIONS pour «CLARIFIER LES POSITIONS»

La période d’ouverture aux contributions sur les forums régionaux est limitée dans le temps (2 mois) et clôturée par une/des assemblée(s) afin d’inscrire le processus de concertation dans une dynamique propice à l’implication. L’assemblée de clôture est l’occasion de (débattre et) soumettre au vote des présents les contributions collectées afin de clarifier les positions. Notons qu’il serait aussi possible de soumettre les contributions au vote électronique, ce qui pourrait permettre à un plus grand nombre encore de se prononcer (on sait les architectes peu disponibles…). La rencontre physique doit aussi permettre de créer des liens, pour renforcer/restaurer/favoriser la confraternité qui nous fait défaut. A l’issue de ces assemblées les CROAs disposeraient de propositions et d’une vision (à peu près) claire de l’opinion des architectes sur le devenir de leur profession, un exemple : la suppression du seuil de recours obligatoire. Cette matière produite par les architectes eux-mêmes devrait pouvoir être portée au niveau national avec toute la considération due à l’ampleur du travail accompli.

4-ORGANISATION D’UNE CONFÉRENCE NATIONALE, Pour «RASSEMBLER LA PROFESSION»

Idéalement, les CROAs et les syndicats ayant porté auprès du CNOA les propositions et positions des architectes, il s’agirait alors d’en faire la synthèse au niveau national. Ce travail de comptage, de classement et hiérarchisation devrait conduire à la pré-rédaction de propositions de réformes. Ces propositions seraient présentées à l’ensemble des architectes lors d’une Conférence Nationale. Pour information, l’appel de Défense profession Architecte pour une Conférence Nationale de défense de
l’architecture et des architectes comptabilise à ce jour 1 382 signatures. Ce moment fort de rassemblement pour les architectes permettrait de clore les débats et, espérons-le, resserrer les rangs au sein de la profession.

L’état d’avancement de cette démarche est le suivant, malgré nos moyens nuls… « on n’a pas d’argent, mais on a des idées ! » Le forum national « Lesateliers.archi » a ouvert officiellement le 1er
janvier dernier. Il rassemble aujourd’hui 59 membres (des architectes), comporte 93 discussions en cours pour un total de 637 messages. A ce jour, 10 blogs régionaux ont été créés, chacun administré par un architecte inscrit au tableau du conseil régional de l’ordre concerné. Six blogs ont ouvert le 1er janvier dernier : Bretagne, Corse, Haute-Normandie, Languedoc-Roussillon, Lorraine et Midi-pyrénées. Les 4 autres ouvriront le 1er février, il s’agit des régions Auvergne, Ile de France, Nord pas de calais et Poitou-charentes. Depuis le 1er janvier, soit 22 jours après l’ouverture des 6 premiers blogs, et malgré le peu de communication dont nous avons pu bénéficier, les blogs ont été vus 2141 fois par 651 visiteurs.

Pour finir, si vous croyez à cette démarche, vous êtes bien entendu invités à y participer en vous inscrivant sur le forum lesateliers.archi ou en envoyant vos contributions (pour les régions déjà organisées), mais vous pouvez aussi devenir administrateur de votre blog régional, ou nous communiquer toute liste de diffusion utile (mailing list d’architectes libéraux, en sociétés, exerçant dans des administrations, CAUE etc…), à l’adresse : Lechantiermaregion@outlook.fr.

Pour finir, cette citation de Roosevelt :

« Il y a pire que de ne pas avoir réussi, c’est de ne pas avoir essayé. »

31 réflexions sur “Que les architectes reprennent la parole !

  1. Pathétique ! Sympathiquement pathétique ! Qu’avez vous fait depuis trente cinq ans ? (En fait depuis la Loi de 1977, qui coupait les architectes de la base sociale de la Société; les particuliers.) N’avez-vous rien vu venir ? Que proposez vous ? Il y a le feu à la maison et vous en êtes encore aux ateliers pour “clarifier les positions;“ Mais c’est trop tard ! L’architecte démiurge artiste ne répond plus à la moindre question posée par la Société. Si je vous dis ; Urgence, Précarité, Exclusion, Sécession sociale, paupérisation énergétique, qu’avez vous à proposer comme solution économique relevant de votre “art“ ?

    Les temps ont bien changé depuis Le Corbusier qui collait ses blanches et ensoleillées idées modernes sur l’hygiénisme en vogue pour lutter contre la tuberculose qui faisait alors des ravages, et en profitait pour théoriser à posteriori.

    Pourtant la solution est simple et elle saute aux yeux …. !

    • Apparemment, tu es un génie…. Fais nous donc profiter de ça au lieu d’engueuler tout le monde, ça nous évitera de perdre du temps…si c’est juste pour faire le malin et brasser du vent en déclamant du vide verbalisé, tu peux retourner à tes « trucs »…Bisous
      Marie Lardenois…

    • Un peu concon le commentaire Jérôme ! Vous attendez de l’architecte des solutions qu’il n’a pas à fournir. L’architecte n’est pas ce que vous croyez, je vous aide un peu :on ne le prie dans aucun lieu de culte, il n’est pas élu au suffrage universel national et il n’est pas magicien….après, à vous de voir ! Enfin, c’est vrai que l’architecte a toujours regardé son nombril, du coup, il en a perdu son chemin.

  2. @Auzolle- Crétin d’impuissant ! L’architecture est la clef de voûte de tous les arts ! Les marchands du temple ont imaginé à force de stades et de musées avoir domestiqué … ‘les forces qui nous animent et nous donnent la joie …..’. Une civilisation se meure mais non les formes de son expression. L’architecte démiurge existera toujours, qu’il se nomme x, y ou z . Mais sa vision dérange désormais car elle ne produit plus des avenirs radieux mais, ce depuis Le Corbusier, que la fin d’une utopie humaniste !
    La guerre est la seule hygiène du monde disait Marinetti !
    Le temps est de nouveau celui des assassins, des destructeurs !
    Des logis pas des canons, de nouvelle ‘foi’ pour rien ?
    Nous y sommes, et alors ?
    Les planificateurs stériles paniquent, mais l’architecture renaîtra sur les cendres de ce vieux monde.
    Vivement !

  3. « Si je vous dis ; Urgence, Précarité, Exclusion, Sécession sociale, paupérisation énergétique, qu’avez vous à proposer comme solution économique relevant de votre “art“ ? »

    Pardonne-moi Jérôme [Auzolle], mais à mon sens la précarité et l’exclusion n’appellent pas des réponses architecturales mais politiques.

    En ce qui concerne la précarité énergétique, ne s’agit-il pas plutôt d’inégalité énergétique, et d’inégalités tout court ? Dans les prochaines années, ce problème, illustré par les milliers de jets privés utilisés pour aller à l’actuelle conférence sur le climat, deviendra forcément central.

    Les mêmes villes décriées par Le Corbusier comme insalubres sont aujourd’hui considérées comme les plus agréables à vivre. Le progrès, c’est l’asepsie, l’eau courante, le tout-à l’égout, le gaz, l’électricité, les revêtements, l’entretien, la baisse de la population au m2 qui l’ont apporté. Les architectes, s’ils ont parfois élégamment intégré ces nouveautés, n’ont pas apporté de changement notable dans les modes de vie. Ils ont suivi l’évolution humaine, et ont fait la synthèse, de manières plus ou moins heureuse.

    L’apport de Le Corbusier, motivé par la vague automobile, les préoccupations hygiénistes et le béton armé, se résume à la synthèse de ces « progrès ». Les trois étant maintenant caducs, la vision même du Corbu l’est devenue. Les pavillons de banlieue, auxquels il s’opposait si fermement, sont en fait l’envers de la médaille. Le développement non planifié des villes quand on y injecte des voitures.

    Ensuite, parler d’architecture « économique » n’a pas de sens. De quelle économie parle-t-on ? Celle du client ou celle du pays, qui bénéficiera toujours de projets construits avec des matériaux locaux et sains, par une main d’oeuvre correctement payée, même si plus chers ?

    Comme tu le vois, sans lois pour encadrer ces conditions, les choix de l’architecte ne pèsent pas lourd devant des maîtres d’ouvrage plus ou moins concernés par notre cadre de vie à tous. Même si certains voudraient refuser des projets trop mal dotés, il s’en trouvera toujours pour les accepter.

    Il faut donc que l’engagement des architectes se fasse au plan législatif, avec des propositions politiques.

    Une dernière chose : doit-on, pour parler à la Société (dont nous faisons partie), abandonner toute prétention à faire notre métier, l’architecture ?

    Nous sommes une grande majorité à ne pas compter nos heures pour fabriquer des lieux qui transcendent leur usage pour parler à la psyché de chacun(e), que ce soit par les 5 sens (dont le toucher, l’ouïe), la perception des proportions, l’exploration spatiale par la marche ou l’évolution de la lumière au cours du temps. C’est là notre plus grand pouvoir, le plus beau cadeau que nous pourrions faire aux autres, et nous l’abandonnerions ?

    Je crois qu’au lieu de nous abaisser, nous pourrions au contraire édifier nos congénères sur ce qu’est l’architecture, en commençant par enfin intégrer dans les cours d’histoire les arts et les sciences, entre lesquels l’architecture est un des ponts les plus solides.

  4. “Vous attendez de l’architecte des solutions qu’il n’a pas à fournir.“ Ah bon ?
    “mais à mon sens la précarité et l’exclusion n’appellent pas des réponses architecturales mais politiques.“ Ah bon ?
    C’est bien là le litige. Dans une société du sur effectif et désargentée, seuls ceux qui prouveront leur utilité pourront embarquer. Comment allez vous faire si vous estimez, vous acteurs de la ville, ne pas avoir de réponses, et donc d’utilité à apporter aux autres ? Comment voulez vous que l’on vous laisse une place ? Les promoteurs se passent de vous! les Majors du BTP se passent de vous depuis les PPP et SEM-O-U. EDF, SNCF se passent de vous, les particuliers se passent de vous, et maintenant les agriculteurs vont aussi se passer de vous,… et ceux qui restent vont chercher Snohetta, lorsque Jean Nouvel boude 🙂

    Le degré de résolution des exigences et des besoins ont changé aussi vite que le degré de résolution des télescopes orbitaux, et continueront à la même vitesse de progresser, mais vous, vous voudriez encore nous vendre du simple “cadre de vie“ au nom d’une tradition millénaire…. tout en réfléchissant à “clarifier les positions.“ Comprenez-vous au moins que c’est à vous de vous adapter et non à la Société de voter des Lois pour vous protéger indéfiniment ?

    Donc vous avez tout faux chers ami(e)s. Et la preuve c’est qu’une profession qui ne s’exporte pas, du moins son intelligence dans le cas d’un pays dit développé, a un sérieux problème.

    • Un grand trou dans la couche d’Auzolle !
      Ta négation de l’Art et donc de l’Architecture est aussi pathétique que le régionalisme tendance féministe présenté ci-dessus !
      Je ne suis ni ton ami ni adepte de quelque exportation finale !

  5. Le repli sur soi est mortifère. la défensive mène inévitablement à la concession, une seule solution le PROJET…il faut mieux se battre pour un idéal que pour protéger des privilèges fantasmés…la victoire n’en sera que plus belle, ou la défaite moins amère.

    • Il ne peut être de défaite en Art puisqu’il ne peut y avoir de combat et de ce petit soi-même aussi petit soit-il naît l’autre . Nous, architectes, sommes gardiens de cette étincelle de vie ! Rien, même en ces heures sombres, ne saurait l’éteindre ! Qui a vécu son rôle de passeur ne saurait me contredire . Il nous faut juste continuer à oeuvrer plus précis et plus serein que jamais, patiemment !

      • Oui oui, c’est cela.
        La mystique remplace le réalisme.
        Au moins, vous allez mourir heureux.
        Ou à votre manière d’abuser des majuscules: Vous Allez Mourir Heureux.

      • Alexandre: Ni vivre ni mourir ‘Heureux’, mais pour avoir partagé et renouvelé ce sentiment sur l’architecture décrit par LC comme ‘ un évènement indéniable qui surgit en tel instant de la création où ….’ celui-ci me semble tout aussi concret que quelque autre prétention plus ‘réaliste’, ce sans souhaiter débattre aucunement de La Mystique. Et si prétendre apporter cette étincelle de vie aux mornes édifices et en ressentir quelque fierté est pure folie, alors soit ! A tous ces questionnements sur l’ingénierie et l’architecture je vous conseille la relecture d’Eupalinos, c’est toujours vivifiant !

  6. Mariette Colin-Moreau, pourquoi ne pas faire profiter de vos idées à une organisation qui existe déjà, a parcouru du chemin et pourrai ainsi nous amener ensemble plus loin ?
    http://www.mvta.eu/
    Mouvement des architectes a besoin de vous en région.
    Jean-François Authier

  7. Pour que l’architecte réponde à la précarité et à l’exclusion, il faudrait que l’État respecte la loi de 77 et que le seuil soit à 0….Faut réfléchir avant de l’ouvrir, la tête ça sert pas qu’à bouffer.
    Dans la mesure ou on nous a privé de ce marché, avec un seuil, qui a, en sus, augmenté de 20 m2 sous Sarkozy, je vois pas comment c’est possible de gérer la précarité et l’exclusion….L’époque Prouvé est révolue…. Mais tu peux aller de ton propre chef proposer des solutions de logement d’urgence à ta mairie ou à qui tu veux, et même financer toi même cela….personne ne t’en empêche. A ce jour, le quidam landa, est exclu par le seuil….pas par nous. Et si il revenait à 0….mes confrères et moi nous ferions un plaisir de trouver des solutions. Voilà, l’architecte n’est pas responsable de la fracture sociale, le seuil l’est.il est l’exclusion d’un type de population, point. Sinon je sais pas si t’as vu, mais ils essaient de légaliser l’euthanasie, peut être que c’est ça ta solution miracle ? Il y aura un seuil aussi?

    Marie Lardenois

    • Quémander un monopole plutôt que de chercher à s’adapter à un monde qui change, beau projet. Si les fabricants de bougie avaient réussi à interdire les ampoules électriques, on vivrait sûrement dans un monde meilleur, selon vous.

      • Vous préférez sans doute être soigné par un tourneur-fraiseur ou un VRP de chez Datron quand vous aurez une carie dentaire ?

        C’est un peu la même chose pour l’architecture. Notre formation et notre statut (surtout si sa protection est assurée) sont des conditions de base pour aborder la construction d’une manière intégrée, impartiale et adaptée à la commande.

        Un peu de sérieux, il s’agit de la fabrication de notre cadre de vie pour des siècles, pas de faire des ampoules, des Iphones, ou des voitures qui tiendront au mieux 7 ans !

        Quant à l’éternel argument du monopole, qui enfermerait les clients : trouvez moi autant de diversité de méthode, de style, de caractère, chez les constructeurs de maisons que chez les architectes, on en reparlera.

        Mais après tout, si vous voulez que la France ressemble encore plus à un salon domexpo dans 20 ans, c’est votre droit le plus strict.

  8. Droit de réponse non permis et interdiction d’accès au site à ceux qui se risquent à poster un commentaire. Au delà de l’aigreur de son propos je comprends son positionnement, ou du moins ce que j’en interprète une fois nettoyé des formules insultantes. Beaucoup (une majorité?) de nos confrères continuent de se regarder le nombril sans jamais remettre en question leur pratique, se complaisant dans une lamentation perpétuelle d’artiste maudit et incompris. Les conditions d’exercice de la profession, les contraintes de tous ordres qui s’imposent à nous aujourd’hui sont incomparables avec ce qu’ont pu connaître les architectes des générations précédentes, dont certains exercent toujours. Nous n’avons pas le choix de nous diversifier, de nous spécialiser, de nous focaliser sur autre chose que le logement, de prendre part aux processus de décision relatifs aux politiques de la ville et de l’aménagement du territoire en particulier à l’échelle locale, de sauter régulièrement d’un côté et de l’autre de la barrière qui séparent la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’oeuvre, faire, d’ailleurs, aussi autre chose que de la maîtrise d’oeuvre bâtiment. Se diversifier c’est se former mais aussi s’associer. Non pas « s’ingéniériser » comme le préconise Monsieur selon un modèle anglo-saxon selon lequel l’architecte devient un maillon presque accessoire de la « chaîne du bâtiment », mais de manière à pouvoir prétendre à notre capacité d’appréhender l’ensemble des problématiques de manière globale, depuis l’échelle du territoire à celle du détail. Cette « spécialisation », ou quelque soit la manière de le qualifier, n’est en revanche pas contradictoire avec l’échelle des structures dans lesquelles nous exerçons, même si le modèle de l’architecte libéral solitaire semble être de moins en moins adapté… . On voit bien que Monsieur est totalement déconnecté de la réalité de l’exercice de la profession tel que vécu par 99% des agences, avec lesquelles n’a rien à voir Jean Nouvel, directeur artistique d’une société qui le dépossèdera bientôt de son propre nom alors qu’il est déjà dépossédé de ses projets, et à qui on nous ramène sans cesse. Je reste persuadé que c’est à l’échelle locale que nous devons agir, auprès des communes, des CG et des régions, depuis nos agences dont nous ouvrons les portes et pas depuis Venise. A ce titre je reste totalement solidaire de la démarche initiée par Mariette et sa logique de bottom-up, du moins tant qu’Archicool ne proposera pas de meilleure solution.

  9. Je vais positiver. D’abord, je me réjouis de l’initiative de Mariette et que les architectes lèvent le nez de leur agence et se parlent d’abord, pour parler à tous ensuite. Puis, en prenant du recul, il me semble qu’il manque un 4° thème à traiter, essentiel, primordial, si l’on veut donner aux architectes la place qu’ils n’ont pas et qui pourtant serait tellement bénéfique pour notre société.
    Après 35 ans d’exercice de ce métier, je suis plutôt… optimiste. J’ai toujours entendu, même à l’école d’archi, des craintes sur la disparition de notre métier. J’ai vu des ingénieurs et conseils de tout poil nous grignoter notre métier à belles dents, depuis l’AMO (inouï, que certains se nomment « conseil des maîtres d’ouvrage » sans être architecte !!! alors que c’est la fonction première des architectes) jusqu’aux BET de tous ordres, pavillonneurs, artisans RGE faisant de la conception, etc… et même les facteurs, paraît-il ?
    Eh bien, nous sommes toujours là, toujours aussi nombreux, voire un peu plus. Pourquoi ? Parce que l’architecte est in-dis-pen-sable. J’en suis persuadé. Tout le monde voudrait notre place car notre métier est magnifique (créer le cadre de vie ! avec toutes ses dimensions, dont la dimension culturelle…), mais notre savoir et savoir-faire nous appartient. Nous apportons le meilleur gage de réussite pour une opération de construction.
    La question primordiale que je me pose, la 4° question dont je parlais, est : les architectes français, à l’inverse des autres architectes européens, n’interviennent paraît-il que dans 30% du « Bâtiment » ! Attaquons-nous au 70% délaissés. Nous avons toutes les armes pour y être prépondérant.
    Et pour ces 30%, petite partie des constructions, comme pour le reste, cessons de subir les diktats de ce que certains appellent des « donneurs d’ordre » (quelle horreur, ce mot) en affirmant et démontrant notre supériorité (ben oui, je pense qu’en architecture et maîtrise d’oeuvre, les architectes sont les meilleurs… et je trouve ça normal).
    Et en nous faisant respecter, mais ça, ce n’est guère dans notre culture jusqu’à présent…

  10. “une seule solution le PROJET“ :
    Réponse : C’est fini depuis vingt ans ! les RT et autres “énergie positive,“ signent le passage d’une culture de projet à une culture d’objectif. Lorsque une bailleur social doit répondre aux attentes des différentes R.T qui se succèdent et qui l’obligent (Précarité énergétique,) il est dans une culture d’objectif… bref d’ingénierie !

    “Pour que l’architecte réponde à la précarité et à l’exclusion, il faudrait que l’État respecte la loi de 77 et que le seuil soit à 0“
    Réponse : C’est fini aussi ! La posture de l’attente indéfinie que l’Etat vous sorte une Loi favorable. Là c’est Bruxelles qui pousse au fer pour supprimer toute réglementation qui privilégie certaines chasses gardées. C’est une réalité et c’est à vous de vous adapter, pas à La Société. Ne jouer pas la montre, ni la culture de l’inertie, les autres n’attendent que cela !

    “Voilà, l’architecte n’est pas responsable de la fracture sociale“.
    Réponse : Quel postulat ! Mais de quoi est-il responsable alors lorsqu’il pose des digicodes, et si acteur de la ville vous avez accepté les ségrégations urbaines depuis cinquante ans ? je croyais que vous étiez urbaniste (En tout cas c’est ce que vous vous empressez d’écrire sur vos papiers à lettre.)
    Donc si ! vous avez votre part de responsabilité dans l’explosion sociale de 2005, et l’échec complet de la fabrication de la ville en France. Pourquoi faut-il démolir en priorité tout ce qui a été conçu au tournant des années 80 ?

    “Non pas « s’ingéniériser » comme le préconise Monsieur selon un modèle anglo-saxon selon lequel l’architecte devient un maillon presque accessoire de la « chaîne du bâtiment », mais de manière à pouvoir prétendre à notre capacité d’appréhender l’ensemble des problématiques de manière globale, depuis l’échelle du territoire à celle du détail“
    Réponse : Ce modèle ne résiste pas aux faits et est inexportable. Ne jouer pas la montre, nous sommes plus dans l’Urgence (économique des collectivités qui veulent se décharger de la Maîtrise d’ouvrage, fonction peu régalienne et couteuse. Urgence Energétique, et urgence sociale,) que dans le projet à long terme ou l’on vous attendra. La preuve ? … les anglo-saxons s’exportent et pas vous !

    “Après 35 ans d’exercice de ce métier, je suis plutôt… optimiste. J’ai toujours entendu, même à l’école d’archi, des craintes sur la disparition de notre métier. “
    Réponse : Eternel discours du sexagénaire qui a suffisamment d’entregent, (depuis le temps,) pour signer trois équipements publics par an pour aller jursqu’à sa retraite. Si Votre Ordre National a publié les chiffres catastrophiques des revenus réels et de la taille des agences qui sont à la limite de l’assistanat social, c’est que vous êtes encore là, mais surtout nulle part !
    Depuis trente cinq ans, il y a eu la réglementation qui est venue pallier l’absence d’éthique des concepteurs ( et oui les R.T c’est comme les limitations de vitesse, si tout la monde avait une éthique dans ce qu’il fait et décide, il n’y aurait pas besoin d’imposer des limitations de vitesse sur les routes. Le saviez-vous ? Et bien c’est la même chos pour toutes les réglementations que vous abhorrez, mais d’ou viennent-elles ?)

    “Et en nous faisant respecter“
    Réponse : C’est fini l’ère du Notable qui se fait respecter. La aussi vous jouez l’inertie et l’immobilisme, en fait vous jouez la montre. Encore une fois vous êtes dans une Société de l’urgence qui attend des réponses !

    Encore une fois; C’est à vous de changer et de vous adapter aux questions posées par la Société, sinon d’autres se chargeront de trouver des réponses, mais surtout sans vous !

    • J’ai mis bien longtemps avant de me revendiquer urbaniste (premier projet urbain en tant que responsable en 2004, soit il y a plus de 10 ans). Le titre n’est pas protégé, et vu mon expérience et mes réflexions dans ce domaine, je crois pouvoir le revendiquer.

      Le digicode, facteur d’exclusion ? Il est avant tout le résultat des politiques d’exclusion et, même si je regrette le temps des porches ouverts et des loges de gardien, je ne crois pas que leur retour aurait des conséquences sur les inégalités.

      Je ne sais pas de quelles urgences nous parlons. Si c’est la pauvreté, l’exclusion, les urgences comme par exemple l’hébergement, je trouve assez obscène cet intérêt de certains architectes sans doute bien intentionnés, qui espèrent régler ce problème en remplissant les espaces publics d’abris bien plus chers qu’une tente quechua. La dignité, c’est d’avoir un habitat, pas un abri.

      Or, quel est le frein à la création d’habitats ?
      L’argent ? Non, car il y a pléthore de logements vides, et si ça ne suffisait pas, il y a des budgets pour construire et rénover.
      C’est tout d’abord la résistance des collectivités locales aux projets de construction, surtout à l’approche des élections.
      C’est ensuite la structure même de nos réseaux de transports ainsi que les choix stratégiques de l’Etat, qui contribuent à concentrer toujours plus l’attractivité (effet TGV entre autres) et à favoriser la spéculation immobilière en délaissant d’autres zones.

      Voilà ce sur quoi en tant qu’urbaniste il me semble important de travailler, lorsqu’on parle d’exclusion.

      En tant qu’architecte, je ne peux que construire le mieux possible, en employant au maximum des ressources locales, et en respectant les usagers de mes bâtiments. Le B-A ba pour tout architecte.

      Lorsque les architectes demandent à être respectés, il demandent en fait que leur mission d’intérêt public puisse être assurée dans les meilleures conditions. Cela demande déjà un minimum d’encadrement des honoraires, mais aussi une suppression de ce seuil qui vide de son sens la responsabilité de l’architecte vis à vis du paysage et de la ville, puisqu’apparemment on peut s’en passer les 3/4 du temps.

      • Non, ils demandent un MONOPOLE, comptant sur une RENTE pour sortir de l’impasse dans laquelle ils se sont mis. Les rentes, on est en train de les démonter. Et ne sortez pas l’argument stupide de la comparaison avec les médecins, c’est le même que tous les rentiers nous sortent (notaires, administarteurs judiciaires, hussiers…) La tragédie, c’est que les architectes ne bénéficient même pas financièrement de cette rente aujourd’hui, mais ils veulent en être. L’unanimité de cette position en dit long sur la formation désastreuse qu’ils reçoivent, totalement inadaptée au monde d’aujourd’hui. Il n’y a pas de droit à la rente, contrairement à ce que vous prétendez. Si vous travaillez comme un forcené pour fabriquer un truc dont personne ne veut, il n’y a pas de droit à ce que la société assure votre rémunération. Ce n’est le travail qui fait le salaire, c’est la demande. Principe de base de l’économie. C’est au secteur de la construction que vous devez vous attaquer, avec les outils d’aujourd’hui, pas fantasmer sur une rente que l’état ne vous accordera pas. Ça veut dire vous transformer en promoteur, en ingénieur, en entrepreneur? Pourquoi pas, si c’est cela qui vous permet d’avancer. Je souhaite voir de la meilleure architecture se répandre en France, mais je suis horrifié par l’incapacité des architectes à ne serait-ce qu’envisager un premier pas dans la bonne direction.

      • « Ça veut dire vous transformer en promoteur, en ingénieur, en entrepreneur? »

        Les ingénieurs font partie de la maîtrise d’oeuvre (conception des ouvrages), donc effectivement c’est peut-être une piste. La profession a d’ailleurs un monopole commun avec les ingénieurs en Allemagne, sans seuil, ce qui est bien plus cohérent étant donné que les architectes y sont aussi ingénieurs.

        Peut-on être architecte, promoteur et bâtisseur ?

        Fernand Pouillon s’y est essayé avec succès, nonobstant ses déboires judiciaires, avec la CNL, mais dans un contexte où les architectes étaient plus puissants qu’aujourd’hui. Et tout le monde n’est pas Fernand Pouillon.

        Dans le contexte actuel, où les forces ne sont pas du tout équilibrées, mélanger les casquettes n’aurait qu’un effet : la baisse de la qualité constructive. Ou peut-être qu’on est déjà tombés si bas qu’il n’est pas possible de faire pire ? Après tout, les majors contrôlent déjà les deux bouts de la chaîne, et les PPP ne vont qu’accentuer le problème, d’où la difficulté de construire autrement qu’en béton en France, dès lors qu’on aborde de gros projets.

        Si nous voulons que la qualité constructive reparte à la hausse, il faudrait déjà commencer par démanteler les groupes qui comportent entreprises de bâtiment ET promoteurs.

        Si nous voulons que l’architecture revienne au centre du jeu, il faut que nous architectes, soyons diplômés aussi en tant qu’ingénieurs, comme en Allemagne, avec les contenus correspondants, et que le monopole, partagé ou non, n’influence plus la taille des constructions comme c’est le cas avec ce seuil inepte.

    • Si tu étais encore architecte et que tu pratiquais la discipline, tu saurais que les orientations urbanistiques sont décidées et présentées aux architectes par les services représentants l’Etat….et que nous ne décidons pas de la création d’une zac ou d’une zup, nous répondons à une commande…tu racontes n’importe quoi et tu gesticules…tu viens nous faire la leçon en ne connaissant même pas la réalité . tu devrais arrêter l’ingénierie, ça te monte à la tête….regarde l’heure, tu es effectivement en retard.

      • J. Auzolle et Alexandre ont le mérite de nous obliger à définir ce qui fait la spécificité du métier d’architecte, mais c’est bien le seul.
        Connaître une profession de l’extérieur, c’est n’en connaître qu’une facette. Vous semblez en tout cas plus décidés à régler des comptes avec la profession que concernés par la qualité de notre cadre de vie.

        Je ne compte plus le nombre de gens qui ne pensent à solliciter un architecte qu’après avoir jeté de l’argent par les fenêtres dans des travaux incohérents, commandés directement à des entrepreneurs. Quant à ceux qui ont fait appel à des constructeurs de maisons, ils sont nombreux à le regretter quelques années plus tard, une fois le prêt remboursé et le crépi fissuré.

        Notre génération (pour ma part, né en 1980) n’est pour rien dans cette image élitiste de l’architecte. Le seuil de 170 m2 et les dérogations pour bâtiments industriels sont uniques en Europe, et ses effets sur le paysage ont été désastreux. Il est temps de passer à autre chose.

  11. En réponse à « Jérôme Auzolle : C’est marrant, c’est gens qui parlent, qui parlent, sans savoir… et surtout qui parlent des personnes, au lieu de s’attaquer du fond du problème (qu’ils doivent donc mal connaître). Eh non, cela fait 20 ans que je n’ai pas fait de marchés publics, figurez-vous, je me cantonne (presque) au seul marché des Particuliers – de loin le plus grand du « Bâtiment », il est vrai. La moyenne des revenus des architectes est de 2700€ mensuels, il me semble : on n’est quand pas tout à fait au niveau de l’assistanat social. Ce qui n’est pas une raison pour ne pas vouloir développer notre activité = le grand problème, me semble-t-il, sont les 70% du Bâtiment qui nous échappent. Je vois là un grand échec des architectes. Quant à la fracture sociale et aux digicodes… Extraordinaire ! Vous n’imaginez quand même pas que ce sont les architectes qui décident de cela ?? Le Programme, dans son ensemble comme dans tous ses détails, est imposé par le promoteur immobilier, bien évidemment… Et pour finir, je me fiche d’être ou pas un notable (et de ces arguments caricaturaux); par contre je veux que les architectes, et donc leur métier, soient respectés. Et je trouve qu’ils ne le sont pas assez, loin de là.

  12. Bonjour à toutes et tous
    Arretons de nous chipoter et
    TOUS AU TRAVAIL!!!
    oui il faut réfléchir :
    – a la loi sur l’architecture
    – a l’adaptation ou sauvetage… de la loi MOP
    – a la formation initiale et continue
    – a la définition et mise en pratique de nouveaux marchés et modes d’exercice
    – a une profession mieux organisée et politiquement mieux représentée
    assez (pas si) simple….Non????
    … si nous le voulons!

  13. Bon, moi, je suis désolée, 1ère phrase et déjà 3 fautes d’orthographe ! Alors oui, désolée, mais je ne lis pas l’article….

    Correction : Au rassemblement du 22 janvier 2015 au palais Iena où se rassemblaient( FAUX : AU SINGULIER !!! LA centaine !!) une centaine d’architecte, Mariette Colin-Moreau a été invité (FAUX !! où est l’accord du féminin ? a été invitéE !! ) à prendre la parole pour présenter son projet de réappropriation du débat architecturale (ah ben voilà du féminin, mais pourquoi ?!, pas de « E » svp !) par et pour les architectes. Voici son discours de présentation.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s