Edith Girard, une grande dame de l’architecture nous a quittés.


L’immédiateté de Twitter nous permet de savoir tout de tout de suite. Ainsi, hier j’ai appris par un tweet qu’Edith Girard, architecte et enseignante, venait de disparaître. Elle enseigna à l’école d’architecture de Paris Belleville jusqu’en juin dernier et un pot de départ était même organisé la semaine prochaine. Une disparition qui laisse coi des générations d’architectes et d’étudiants.

N’ayant pas suivi l’enseignement du groupe UNO (groupe de travail d’Henri Ciriani dont elle a été membre jusqu’en 2007) qu’une seule année, je n’ai pas eu Edith Girard comme enseignante mais je l’ai un peu connu à travers les réunions de commission, à l’école, au ministère, au conseil d’administration de Belleville… C’est une grande dame intransigeante qui ne laissait rien passer que ce soit à un ministre (je me souviens d’une réunion où elle avait engueulé Jean-jacques Aillagon comme du poisson pourri), à un directeur (Jean-Pierre Bobenriether doit s’en souvenir) et évidemment aux étudiants (tous et moi entre autre). Une grande gueule qui faisait du bien.

Exigeante, talentueuse et pédagogue, elle a marqué plusieurs générations d’étudiants en architecture. Les commentaires laissés, dès hier soir, sur ma page Facebook en témoignent. Ses qualités de théoriciennes de la pratique architecturale peuvent faire rougir nombres d’enseignants et d’architectes aguerris. Je vous recommande cette interview sur la genèse du projet en situation de concours qui date de 2007 où Edith Girard nous explique sa pratique et sa manière de travailler, de concevoir un projet d’architecture.

Edith Girard n’était pas qu’enseignante, c’était aussi et surtout une architecte de talent, injustement méconnue si ce n’est une mention à l’Equerre d’argent en 1985 pour un ensemble de logement, quai de la Loire à Paris. Elle n’a jamais accédé à de grandes commandes et n’a jamais eu le Grand prix national de l’architecture qu’elle aurait pourtant mérité. Cependant, en 2007, Edith Girard, elle la communiste aux convictions bien ancrées à gauche, recevait des mains d’une ministre de droite les insignes de Chevalier de l’ordre national de la Légion d’Honneur. Une bien maigre récompense pour si une grande dame de l’architecture dont la voix, les coups de gueules et l’architecture manqueront.

Une bien triste nouvelle pour l’architecture et son enseignement que cette disparition.

PS : vous pouvez voir certaines de ses réalisations ici ou .

3 réflexions sur “Edith Girard, une grande dame de l’architecture nous a quittés.

  1. un enseignement original, différent et efficace,la chance de la côtoyer de 1984 à 1989, avec Ciriani et d’autres.un grand moment de travail et d’échanges lors de mes études à UP8 puis Paris Belleville,

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