Saison 2 : les 10 livres d’architecture à lire pendant les vacances.


On ne change une équipe qui gagne alors comme l’an dernier avant de partir en vacances, voici une petite sélection de livres à lire, à regarder, à colorier, à raturer, à surligner, à griffonner, à déchirer, à réfléchir, à découvrir, à oublier, à étudier… Des livres, des livres et encore des livres à lire ou à re-lire pendant vos vacances. Et comme je disais déjà l’an dernier : essayez au possible de les acheter en librairie même si celles spécialisées en architecture ferment les unes après les autres (mais d’autres ouvrent : Le Cabanon ou Volume à Paris). Le choix est divers et varié : sérieux, léger, drôle, intelligent, instructif : bref un peu comme moi. 

1- Peter Zumthor – Penser L’architecture 

Pour réfléchir.

Birkhaüser, 112 pages. Disponible ici.

Si l’on attend de l’architecture qu’elle soit en relation sensuelle avec la vie, il faut que la réflexion aille bien au-delà de la forme et de la construction. Cet ouvrage, dont voici la troisième édition, a été enrichi de trois nouveaux essais: « La beauté a-t-elle une forme ? », « La magie du réel » et « La lumière dans le paysage ». Dans ses textes, Peter Zumthor dévoile les ressorts de cette architecture qui s’adresse, sur des modes très diversifiés, aux sentiments et à la raison, et qui a une présence et une aura indiscutables.

 

2- Simone & Lucien Kroll – Une architecture habitée

Pour comprendre.

Edition Actes Sud. 360 pages. Disponible ici.

« Comment se désarchitecturer l’esprit (comme Ivan Illitch parlait de déscolariser la société)? Comment échapper à la répétition? Comment promouvoir une vision organique des relations entre individus et entre les individus et leur environnement? C’est là que Simone et Lucien Kroll sont précieux. Il serait illusoire -et prétentieux- de résumer leur apport en quelques formules bien senties. Il faut aller voir : la Mémé, Auxerre, Pessac, Alençon, Haarlem Zwemmerstraat, Bethoncourt-Montbéliard, Belfort, Ecolonia à Alphen-aan-den Rijn, les Vignes Blanches, et regarder les photographies des jardins de Simone à Chaumont en 1992…. Voir. Toucher. Sentir. Goûter. Entendre. Les cinq sens de tout humain. » 

3- Friederike Schneider – Grundrissatlas / Floor Plan Manual 

Pour étudier.

Birkhaüser, 312 pages. Indisponible.

Un atlas de plans, coupes, élévations de réalisations remarquables de logements de la seconde moitié du XXème siècle.   

 

4- Nicolas Toury – Fais-le !

Pour faire.

A Vivre Editions, 124 pages. Disponible ici.

Un livre de conseils aux jeunes architectes désireux de monter leur propre agence. Au travers d’anecdotes puisées dans 10 années d’expériences professionnelle, Nicolas Toury, architecte, encourage les nouveaux diplômés à devenir indépendants : les études, le diplôme, l’ouverture de son agence, le premier concours, les premiers déboires, le premier salarié, la première victoire, la première désillusion, la première reconnaissance, et enfin le premier bâtiment.

5- Thibaud Herem – Dessine-toi une maison

Pour dessiner.

Nathan, 208 pages. Disponible ici

Dessiner un pont, meubler un intérieur, imaginer le toit d’un gratte-ciel… Bref, jouer à l’architecte en dessinant, c’est ce que propose l’album « Dessine-toi une maison »(Nathan), de Thibaud Herem, un album d’activités joli et malin pour faire découvrir l’architecture aux enfants à partir de 9 ans. Ça marche pour les grands aussi. 

6- Editions B2 

Pour découvrir.

B2 Editions. Tous les livres sont disponibles ici. Je ne vous conseille aucun livre, je vous les conseille tous.

A raison de dix titres par an, la collection B2 entend édifier un « cabinet de curiosité » architectural, rassemblant, en langue française et à des prix abordables, de petits ouvrages classiques, d’actualité et d’étrangeté. Interview de Nikola Jankovic ici

 

7- Collectif – Architecture et modestie

Pour se calmer.

Champ social éditions, 94 pages. Disponible ici.  Actes de la rencontre tenue au couvent de La Tourette (Centre Thomas More) les 8 et 9 juin 1996 Bruno Queysanne, René Borruey, Giancarlo De Carlo,Guy Desgrandchamps, Benoît-Philippe Peckle.

Depuis plus d’une décennie, la tendance dominante du débat architectural valorise dans les œuvres nouvelles que ce qu’elles peuvent  » exprimer  » d’exceptionnel et de génie personnel. En invitant à ranimer le mot modestie au regard de l’architecture, les auteurs n’entendent pas en appeler à la retenue des élans ni à la fondation morale d’un  » mouvement modeste  » rédempteur des architectes inaperçus. Ils veulent explorer ce paradoxe épineux qu’induit ce rapprochement qui fait immédiatement réagir les architectes avec passion, véhémence, outrance parfois. Car, derrière cette réflexion se tient quelque chose qui manque gravement au débat actuel, quelque chose qui regarde le métier plus que la signature, qui pose la question de l’attitude, du  » savoir se situer  » de l’architecte. C’est moins un pavé qu’un appeau qui est ainsi lancé dans la mare, lequel, s’il n’est mis trop vite en pièces, attirera sûrement quelques oiseaux…

8- Jean-Louis Cohen – Architecture en uniforme.

Pour comprendre l’histoire.

Coédition CCA / Hazan, 448 pages. Disponible ici.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la Seconde Guerre mondiale correspond en fait à un intense ensemble d’expériences architecturales observées dans les pays en guerre du bombardement nazi de Guernica en 1937 à la frappe atomique sur Hiroshima de 1945. Du Japon aux États-Unis, en passant par la Russie, l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni. pour la première fois, sont analysés en détail ici les épisodes clefs dans le processus de modernisation qu’ont entraînés la préparation de la guerre, la mobilisation totale des territoires et des villes, leur occupation, leur destruction et leur reconstruction. Largement illustré de dessins, de photographies, des cartes et affiches inédits ou oubliés, cette étude porte particulièrement sur la question de la guerre aérienne déclarée aux villes, sur les bâtiments des usines d’aviation ou d’armement, sur l’engagement des architectes dans le camouflage, sur la réalisation des grands projets tel que le Pentagone et sur l’ombre portée de la guerre après 1945.

9- Jean-Louis Violeau – Les architectes et mai 68 – 81

Pour comprendre le présent. 

Editions Recherches. 496 pages et 304 pages. Disponible ici et ici.

68 : Drôle d’époque ces années 68 où vices et vertus nocèrent dans la ferveur des Trente Glorieuses, avant de se figer dans l’opportunisme médiatique et comptable des années 80 d’hiver. Et pour une fois l’architecture en était, de ce vaste Mouvement dont la majuscule traduisait l’effervescence autant que la diffusion des idées de Mai. Entre mémoire et histoire, à l’écoute des acteurs à défaut d’avoir pu rassembler ses propres souvenirs, l’auteur met à nu les racines de la scène architecturale française contemporaine en retraçant les dernières années de l’École des Beaux-Arts. S’y croisent les univers et les réseaux, les affiliations politiques et les jeux d’acteurs, entre une administration d’abord conciliante puis dépassée par les événements et des architectes en herbe aux allures de « jeunes turcs », au moment où les méthodes deviennent des méthodologies ; la forme, un signe ; l’architecture, une syntaxe ; et un courant architectural, un code.

81 : C’est une époque, un style, une histoire. Les années 1980, le postmodernisme architectural, la Gauche au pouvoir. Les Grands Projets et Banlieues 89. Le Syndicat de l’architecture et un mouvement en faveur des Ateliers Publics d’Architecture et d’Urbanisme. Les uns en appelaient déjà à la raison, tandis que les autres exaltaient encore la révolution. Le Mai 81 des architectes aura balancé durant au moins deux années entre l’appel au projet et à la construction au sein d’un exercice libéral canonique, et l’attente inassouvie d’un grand chamboulement de la fabrique de la ville qu’auraient probablement suscité la généralisation d’ateliers publics municipaux rassemblant des architectes fonctionnaires. Faire grève contre les fonctions officielles aura été l’un des privilèges de ceux qui étaient jeunes en mai 68 ; 81 sonnera déjà la redistribution des cartes et des positions. Mais si 68 fut une période de remises en question, Mai 81 ne le fut pas moins. Et nous nous serions trompés à nous être laissés aller à penser que les débats et polémiques de l’époque se seraient éteints pour de bon. Comme un symptôme, tous les lauréats français d’un grand projet mitterrandien se sont trouvés engagés d’une manière ou d’une autre en 2008 dans le Grand Paris de Nicolas Sarkozy.

10- Albert Speer – Au coeur du Troisième Reich.

Pour ne pas oublier. 

Fayard/Pluriel, 848 pages. Disponible ici.

Les mémoires d’Albert Speer sont un document exceptionnel à plus d’un titre : témoignage d’un des plus hauts dignitaires nazis, il relate en détail le fonctionnement de l’appareil d’Etat vu de l’intérieur, avec le mélange de rationalité bureaucratique et de soumission à l’arbitraire du chef qui le caractérise. Comment les décisions se prennent-elles, à quel niveau, comment sont-elles appliquées ? Mais c’est aussi l’itinéraire d’un homme brillant, architecte de talent, qui est rapidement séduit personnellement par Hitler et qui va progressivement mettre son intelligence et ses compétences au service de la machine de guerre nazie et d’une idéologie totalitaire. Ce n’est que dans les tous derniers mois du régime que ses yeux se dessillent et qu’il manifeste quelques velléités d’indépendance : il aura auparavant, comme ministre de l’armement, organisé la production d’armes et de munitions avec une efficacité redoutable, n’hésitant pas à mettre en œuvre le travail forcé des prisonniers de guerre, de ceux des camps de concentration et des recrues du travail obligatoire. Ce livre lucide ne cherche ni à justifier, ni à amoindrir la responsabilité de l’auteur qui affirme : « je n’ai pas seulement voulu raconter, mais aussi comprendre ». Rapportant le nazisme à une perversion de la logique technicienne de notre époque il nous livre aussi une interrogation sur l’énigme de l’aveuglement et de la servitude volontaire.

 

 

 

 

 

 

Advertisements

4 réflexions sur “Saison 2 : les 10 livres d’architecture à lire pendant les vacances.

  1. Mais !!!!!!!
    Il n’y a que des auteurs occidentaux !!!!!!
    Là où justement où IL N »Y A PAS D’ARCHITECTURE !(seulement du pouvoir et de la représentation)
    Bizarre, ou condescendant !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s