Edouard François à Venise : la Shoah et les WC.


Edouard François n’est pas rancunier, malgré le fait d’avoir été pendu sur ce blog, il a souhaité publié sur ce même blog un texte sur la Biennale de Venise. Après son interview croisée avec Christian de Portzamparc publié dans d’A et intitulée  » Controverse à Venise. Modernité : passée ou présente ? « , Edouard François en remet une couche dans un texte polémique et assez virulent contre le commissaire de la Biennale Rem Koolhaas. Si, je ne partage pas l’avis d’Edouard François, je suis ravi qu’il publie son texte ici, cela participe une nouvelle fois à l’ouverture de ce blog comme plateforme collaborative où les architectes souhaitant s’exprimer trouvent un refuge le temps d’un moment, d’une actualité, d’une polémique.


Entrée en Modernité négative 

A l’image de la désaimantation qui s’opère en cycles d’hystérésis par une succession d’inversion de polarités répétées en sinusoïde, pour atteindre le zéro,  la modernité entame à Venise son cycle de démagnétisation. Nous entrons en modernité négative !

Pendant que le bateau sombre doucement …

Rem Koolhaas, en curateur cynique de cette biennale, a lancé le thème « fondamental ».

Un thème piège, spécialement conçu pour faire « dérailler » tous les sous-curateurs des pavillons. L’arroseur fut copieusement arrosé !

La modernité était omniprésente dans tous les pavillons, non pas une modernité positive et prospective, mais une modernité subie et partout dénoncée, une modernité déchue, sans espoir et sans alternative.

Les questions posées sont sans sens et empreintes de panique.

Le pavillon français n’y échappe pas : modernité, menace ou promesse ? La messe tourne en rond.

Le « fondamental » de Jean Louis Cohen, fut la Shoah ; sa maquette de Drancy nous a propulsés au nirvana du point « Godwin »,  immédiatement récompensée par une mention spéciale « du dérapage » du jury… dirigé par Rem !

Les autres n’ont guère mieux brillé, personne n’a parlé d’architecture ni d’architectes, grands absents de cette biennale historique. Tous sont devenus piètre historien, piètre artiste, bon autiste.

Pendant ce temps, l’ami Rem leur préparait une correction. Il vidait les caves des universités américaines des œuvres de ses étudiants pour en déverser le contenu XXL (thème cher a Rem), dans le Pavillon central, qu’il s’était autoritairement octroyé.

Son Fondamental de fin de règne, même en XXL et sur-scénographié, n’est guère que du basis, et s’appelle « éléments ».

Il s’agit d’un immense recueil de lavabos, de poignées de portes, d’ascenseurs, d’escalators, de murs et de cloisons. Tout est parfaitement bien renseigné, avec des plans précis recensant aussi bien les impacts du fessier sur la cuvette en fonction des différends poids des usagers comme celui de l’aplomb idéal de l’anus au-dessus d’une cuvette d’un autre WC, à la turque cette fois ! Bravo pour ces informations « fondamental ».

Rem pensait « dominer le monde » avec son arsenal américain gigantesque, mais le décalage de son propos comme la démesure de son bric-à-brac, confronté au contenu des autres « petits » pavillons, fit un flop gigantesque.

Rem, grand prêtre de la cérémonie, icône mythologique et grand penseur de cette même modernité, achève avec elle son règne.

La Shoah d’un côté, des WC de l’autre : « what did you expect ? »

Edouard François.

 

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6 réflexions sur “Edouard François à Venise : la Shoah et les WC.

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