Foch the contexte.


Philippe Muray nous rappelle dans son avant-propos à son recueil de poèmes, Minimum respect, que « Pascal écrit encore que l’on ne doit jamais traiter avec sérieux quelque chose ou quelqu’ un que l’on considère comme ridicule, car ce serait l’autoriser. » c’est dans l’esprit de ces derniers que mon ami (X.B) a cherché à l’aide de vers de mirliton  à nous parler de projet de réaménagement de l’avenue Foch porté par la municipalité parisienne. Pour le blog, l’auteur avait déjà écrit des alexandrins pour le Grand Paris en septembre 2013 et c’est donc toujours avec autant de plaisir et de liberté de ton qu’il vous livre aujourd’hui ce joli poème.

Est apparue d’un coup lors des municipales

Féminines et bornées à l’enceinte de Thiers,

Au sein d’une tactique bassement manœuvrière

L’idée d’aménager l’avenue impériale

*

*   *

Il va falloir produire des logements par milliers

Mais il n’y a plus d’espace, dans nos vieilles limites

Plutôt que de s’étendre, travaillons en termites !

Bâtissons sur nos places et nos avenues plantées !

Pour faire chier le bourgeois, collons-lui du social

Au pied de ses hôtels et des jardins privés !

Provocatrice à souhait, même Jean François Copé

Estime cette idée politiquement géniale

Convenons-en céans, l’avenue est désertée

Et sera donc  flanquée de commerces et bureaux

D’espaces à « vivre ensemble »  mais pourtant asociaux,

Bien qu’elle soit la mère de parkways admirés

Qu’importe le patrimoine, les symboles et l’histoire

A des aménageurs bazardons vite l’espace

Public et dans l’espoir que ce dernier  vire  jouasse

Parsemons le programme d’équipements faire-valoir

*

*   *

L’élection terminée  on aurait espéré,

Un enterrement soudain de cette ignoble  greffe

Mais c’était sans compter des anciens de la MNEF

Qui voient dans ce projet des profits à gagner

Ainsi la feuille de route récemment publiée

Concernant l’urbanisme  relance  le projet

D’autres institutions lorgnant sur le foncier

Par une logique comptable se verrait bien l’bourrer

Malgré des détracteurs pointant l’absurdité,

Des architectes naïfs ou bien intéressés,

Deviennent porte-étendard d’une énième nouveauté

Où le concept urbain rime avec financier

*

*   *

Si il faut des logements pour tous et à bas prix

Est-il nécessaire de bombarder Paris

De centres commerciaux avilissants et vains

Pour que se perpétue un mode de vie d’ovins ?

S’il faut des logements beaux et bien intégrés

Faut-il pour autant rayer l’avenue plantée ?

Qui nonobstant  votant  jamais du bon coté

Peut servir de modèle dans sa spatialité ?

S’il faut des logements, devait-on s’entêter

Dans une provocation qui sera vite retoquée ?

La commission des sites, des vieux bourgeois armés

Ridiculiseront cette démarche insensée.

S’il faut des logements en grande quantité

Afin de conserver une majorité

N’aurait-il pas fallu trouver des associés

Au-delà du périph, briser le pré carré ?

Et concevoir enfin un projet évitant

Le surinvestissement à Paris aux dépends

De communes moins loties ; et tentant sans gloriole

D’équilibrer l’logement au sein d’une métropole

Publicités

3 réflexions sur “Foch the contexte.

  1. Raz des paquerettes…et truffé de contrevérités … Heureusement que c’est pas si mal écrit … Comme quoi la réthorique et son pedantisme
    (je n’oserais pas dire la poésie), comme le latin en son temps, ont les meme vertus avilisantes que ceux qui croient les dénoncer…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s