Lan architecture TRACES sa route.


Non, je n’ai pas fait de fautes dans le titre de cet article, le jeu de mot pourri fait tout simplement référence au livre que l’agenceLAN architecture vient de publier:TRACES. Ce livre n’est ni une monographie, ni un simple recueil de plans et de photographies et encore moins une vague tentative de théorie de l’architecture comme certains architectes pensent en être capables. TRACES, c’est autre chose, c’est une expérience d’écriture comme LAN est une expérience d’architecture. C’est d’ailleurs à la question « Are You Experienced?« (p.3) empruntée au titre de l’album culte de Jimi Hendrix qu’Umberto Napolitano, l’un des deux associés avec Benoît Jallon, nous invite à répondre. C’est à cette même question qu’il essayera lui-même de répondre tout au long de ce long, mais néanmoins passionnant, pavé noir et blanc de 622 pages et 1905 grammes.

Comme nous l’explique la quatrième de couverture, TRACES se décompose en deux parties distinctes : Les cahiers blancs sont des recueils d’écrits, réflexions, observations, le fruit de dix années d’expériences urbaines personnelles. Ces chapitres portent, du reste, les noms des villes qui les ont suscités. Souvent écrites lors de voyages – pour des conférences ou des projets -, ces notes ont pour ambition de rendre compte d’un ensemble de questionnements et d’hypothèses. Les cahiers noirs, quant à eux, présentent le champ de notre recherche et l’architecture telle que nous la pratiquons, suivant les grands thèmes qui caractérisent les projets de l’agence. Il s’agit d’une lecture transversale développant l’idée selon laquelle le projet n’est pas à lui-même sa propre fin, mais qu’il constitue plutôt un outil au service d’une vision. Nul lien direct entre ces différentes parties, à l’exception évidemment de ceux que le lecteur décidera d’établir. 

Mais la quatrième de couverture est trompeuse, Umberto Napolitano va plus plus loin que la simple anecdote de voyages dans ses recueils d’écrits, il nous raconte une histoire, son histoire, celle de LAN qui s’écrit au fur et à mesure de ses pages. Peu à peu, il nous révèle les leçons tirées de ses expériences sans jamais NOUS donner de leçons. De la communication (p.25), du process de création (p.35), de son pair en architecture Aldo Rossi (p.100), des starchitectes et du capitalisme (p.122), des Roms (p.140), la ville (p.198) , du rock (tout le temps), de la profession (p.293), de l’école (p.309), de la French Touch (p.426)… Personne n’est épargné et encore moins ces derniers. Je ne sais pas qu’elle est la part de vérité dans ces recueils, si la temporalité est réelle, si les textes sont écrits in situ ou été réécrits pour le livre et qu’importe, l’auteur par sa sincérité – il dit ce qui lui plait ou non et ne ménage personne – arrive à nous faire voyager avec lui dans toutes ses villes, dans tous ses univers, dans sa pensée diffuse, complexe avec une simplicité rare et des mots simples. Une expérience comme une invitation au voyage. Écrit finalement comme un blog à la première personne, bourré de name dropping, de références littéraires, musicales, architecturales et d’anecdotes plus ou moins drôles, Umberto Napolitano nous montre à travers ses textes qu’il n’est pas qu’un architecte mais aussi un auteur de talent.

Ce talent ne réside pas seulement pas seulement dans l’architecture de LAN, les écrits de l’auteur mais réside aussi dans la production graphique que nous retrouvons dans les cahiers noirs. Classés par thématiques (densité et vide, architecture et pouvoir, Objets urbains, Trame générique, Confrontation aux climats, Modèles, Mise à l’épreuve de l’image, Témoignages, PPCM, Catalogue, Observations), LAN nous emmène dans son monde, architecturale, technique, photographique mais aussi plein de détails et de graphiques incompréhensibles. Il y a dans ces cahiers noirs une parfaite maîtrise de la communication, les différents éléments ont un sens, un ordre, un place, rien n’est laissé au hasard comme d’ailleurs dans l’ensemble du livre – du graphisme du livre façon napolitaine (un hommage ?) au sommaire sur la tranche. Nous y trouvons même à la fin, une série de DATA absolument sublime ( Projets versus m², temps, disciplines, personnes…) comme si LAN n’avait rien à nous cacher. Ou plutôt, pensons-nous avoir assez d’information pour ne pas en demander plus.

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Avec cet ouvrage, mais aussi mais leur site, leur graphisme, leur image, leur gestion des réseaux sociaux, LAN architecture a mis un grand coup de pied dans la fourmilière du petit monde de l’architecture. Ils ont compris bien avant tout le monde l’intérêt de la communication maîtrisée, pas seulement celle leur architecture mais celle d’un vaste projet global : l’histoire de LAN. Une histoire écrite pour LAN par LAN : le storytelling ultime. La cohérence est déjà écrite après seulement 10 ans d’expérience. Le sillon est déjà creusé pour leur avenir. À la fameuse question de l’introduction « Are You Experienced ? « , LAN répond évidemment oui et le prouve à travers ce livre, n’en déplaise aux aigris. Reste à savoir ce dernier arrivera à dépasse le cadre du monde de l’architecture.

PS : Ce livre m’a été offert par l’agence LAN.

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3 réflexions sur “Lan architecture TRACES sa route.

  1. Ah, ce n’était pas un message de réaction à LAN mais un message pour l’abeille. Je me suis sans doute trompé de piste.

  2. Ah, ce n’était pas un message de réaction à LAN mais un message pour l’abeille. Je me suis sans doute trompé de piste.

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