Le roi Hollande est (pieds) nu(s)


« Un homme politique de gauche est un homme qui prend des engagements de gauche et qui agit à gauche. Sa fortune personnelle, celle de ses amis ou de ses relations, son mode de vie ne sont pas sans intérêt ou sans conséquences, mais ils sont et doivent rester seconds dans l’appréciation politique que l’on porte sur lui. » Quand Aquilino Morelle écrivait ces mots dans une tribune à Libération en juillet 2010, jamais il n’aurait pu imaginer que ce serait ceux qui le feraient démissionner quatre ans plus tard. En effet, faisant suite aux révélations de Mediapart, l’appréciation politique faite de l’ex-conseiller élyséen restera à jamais celle d’un homme avide de pouvoir et d’argent toujours prompt à donner des leçons de morale aux autres mais jamais à se les appliquer. Il semblait indispensable qu’il démissionnât, mais est-il le seul responsable ?

Isolée, cette affaire Morelle n’a rien d’extrêmement grave mais elle pose deux problèmes au chef de l’Etat : la première c’est qu’elle ressemble étrangement à celle de Jérôme Cahuzac qui exhortait les fraudeurs fiscaux à rapatrier leur argent en France tout en gardant le sien dans un paradis fiscal. La seconde : elle tombe quelques jours après que le gouvernement a demandé aux Français des efforts difficiles pour sauver le pays. Des efforts d’un côté et de l’autre, le principal conseiller de l’Elysée qui se fait cirer le pompes aux frais du roi et faisait des « ménages » pour l’industrie pharmaceutique. Quelle image pour celles et ceux qui au SMIC se « retrouvent à découvert, souvent dès le 15 du mois »

Si l’on peut reconnaître au chef de l’Etat d’avoir pris la mesure de l’affaire Cahuzac et d’avoir fait démissionner son conseiller en moins de 24 heures, il ne demeure pas moins que François Hollande donne l’image d’un président isolé, coupé du peuple et de sa réalité. Un président, qui dans un moment politique où il ne reste plus que 13% de Français ayant une opinion favorable de lui, préfère renforcer son isolement autour de ses camarades de la promotion Voltaire plutôt que de s’ouvrir à une génération plus prompte à comprendre le monde le tel qu’il est plutôt que tel qu’il souhaite le voir.

Malheureusement, rien ne semble faire bouger le président de la ligne qu’il s’est fixée, pensant être dans le vrai, le juste, le bien. François Hollande n’aime-t-il à répéter que les Français le jugeront à l’aune de ses 5 ans de présidence ? Inquiétant même lorsque l’on a entendu hier Henri Nallet, président de la Fondation Jean-Jaurès mais aussi témoin assisté dans l’affaire Mediator -quel sens du timing- expliquer que « les choix politiques de François Hollande sont dans la continuité de ceux de Jaurès ». C’est dire si l’aveuglement est complet au château. Et ce n’est ni avec un PS mort que le président de la République arrivera à se faire réélire en 2017, ni avec des petites phrases en faux off qui changeront les choses : «  Si le chômage ne baisse pas d’ici à 2017, je n’ai, ou aucune raison d’être candidat, ou aucune chance d’être réélu « 

 

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