Architecture et tatouages


Lors de la cérémonie des parpaings d’or, Philippe Trétiack a remis à l’agence des Clics et Calques celui de l’architecte qui a trouvé un nom super chouette, décalé, branché pour son agence quand il avait 25 ans mais qui n’a pas pensé à quand il aurait 55 ans face à un maître d’ouvrage qui ne trouve plus ça très drôle. Il déclarait alors que « les nombreux tatoués dans la salle peuvent comprendre de quoi je vais parler parce qu’évidemment c’est très bien de se faire tatouer à Suzette quand on a 20 ans et ACDC quand on a 22 mais à 58… ». Cela m’a rappelé un échange que j’avais eu sur Twitter sur le sujet. Moi-même n’étant pas tatoué, j’ai cherché en savoir plus et qu’ai-je découvert…

Avant de vous montrer quelques merveilles de tatouages ayant un lien plus ou moins éloignés avec l’architecture, je souhaitais vous faire part de deux réflexions sur le tatouage, la première est extraite d’un article d’Adolf Loos dans Ornement et Crime aux relents quelques peu nauséabonds :

« L’enfant est amoral. Le Papou l’est aussi à nos yeux. Le Papou tue ses ennemis et les mange. Ce n’est pas un criminel. Par contre, quand l’homme moderne tue et mange quelqu’un c’est un criminel ou dégénéré. Le Papou tatoue sa peau, son canot, sa rame, bref tout ce qui tombe sous sa main. Ce  n’est pas un criminel. L’homme moderne qui se tatoue est un criminel ou un dégénéré. Il existe des prisons où quatre-vingt pour cent des détenus ont des tatouages. Les gens tatoués qui ne sont pas en prisons sont des criminels en puissance ou des aristocrates dégénérés. Quand un individu tatoué meurt en liberté, c’est qu’il est mort quelques années avant d’avoir commis un crime. »

La seconde, sur la recherche d’identité par le tatouage est de Régis Debray dans son Éloge des frontières :

« Ainsi le postmoderne, qui perd ses repères en épousant son temps, tente-il de se ressourcer en remontant le temps. C’est la mémoire comme rachat et rançon d’un exil plus ou moins forcé, qui jette dans les métropoles cette bombe humaine, le déboussolé hypermnésique. Le flottant en perdition arbore son lieu d’origine, via pin’s, badges, voiles, franges rituelles, poils et tatouages, frontières exhibitionnistes et ambulantes. Ce n’est pas parce que les religions sèment à tout vent, loin du bercail, qu’elles fondent gentiment dans le panorama. Elles surlignent à l’envi, comme un pied de nez, leur signalétique de défi (système pileux, niqâb, tsitsit, chignon, croix, tilaka, etc.) »

Alors, que vous soyez en recherche d’identité, criminel ou dégénéré et fans d’architecture, réfléchissez quand même bien avant de vous faire tatouer car le résultat peut-être quelque peu raté.

4 réflexions sur “Architecture et tatouages

  1. Quel arbitre des élégances et du bon goût cette abeille !!! Mais n’as tu pas un problème avec la liberté à vouloir sans cesse nous expliquer le bien et le mal ? On finit pas se demander si tu n’es pas un peu dépassé par le monde qui t’entoure et les irréversibles mutations qui vont avec. Bref tu as compris, tu es en train de devenir vieux, chiant et ringard !

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