Revivez la cérémonie des Parpaings d’Or.


Vendredi 17 janvier 2014,  19h07 la péniche Louise-Catherine est encore bien vide. Fidèles à leurs habitudes, les nombreux architectes attendus sont en retard. Je reçois de nombreux SMS et mails me demandant où se trouve cette satanée péniche et surtout à quelle heure commence à la cérémonie. Le trac a fait place à la résignation : on ne change pas un architecte. Je tourne en rond. Viendront-ils ? Et si c’était un bide… Le doute m’habite mais à chaque arrêt de métro, quelques minutes plus tard apparaissent des groupes qui se dirigent vers la péniche. Ouf, ils sont venus, ils sont tous là, même ceux du Sud de l’Italie, y a même Giorgio le fils maudit avec des présents plein les bras… Pardon, je m’égare. Le stress sans doute. C’est l’heure, il est temps de commencer. Heureusement, c’est Michel Cantal-Dupart qui introduira la cérémonie par une présentation du lieu qui nous accueille. Heureusement encore, Philippe Tretiack m’épaulera pour présenter les lauréats. Lumière !

Cette lumière qui m’éblouit (voir photo ci-dessous) m’empêche de voir les quelques 250 invités qui se serrent pour apercevoir les 18 parpaings d’Or délicatement installés sur une table de fortune. Je reconnais malgré tout quelques visages familiers dont celui de ma femme. Rassurant. Après un propos liminaire quelque peu ampoulé, je lance les hostilités. Le premier parpaing d’Or, celui de la plus belle moustache, est remis en main propre à Lionel Carli. Heureux, il sait que sa successeur à la tête de l’Ordre des architectes, Catherine Jacquot, n’aura jamais cet honneur. Pied de nez et belle moustache. Rudy Ricciotti n’est pas venu. Tant pis pour lui. Le ductal d’Or, lui, est parti à Bandol. Le troisième prix fait scandale, on m’accuse d’avoir triché pour m’attribuer un prix pourtant mérité (le résultat des votes est là) mais que voulez-vous Philippe Tretiack et Jacques-Franck Degioanni doivent être jaloux de ma jeunesse et de mon aura auprès de ces dames (c’était la minute PERSONNAL BRANLING). La ministre de la Culture qui est récompensée par son absence de discernement quant à la destruction de la halle de Fontainebleau n’est pas présente comme malheureusement à la plupart des cérémonies consacrées à l’architecture. Je tenterai de lui remettre son dû à l’Équerre d’Argent si évidemment, elle vient. Mes copines de Des clics et des Calques sont là. Resplendissantes et belles joueuses, elles prennent leur parpaing et me promettent de ne pas casser, cette fois-ci, ce nouveau prix. Benjamin Colboc est en retard. C’est donc Guillaume Colboc qui prend le prix pour son cousin ou un truc comme ça, je m’y perds de toutes façons chez les Colboc. Ensuite, cinq lauréats brillent par leur absence : Martin Bouygues, l’agence Paindavoine-Parmentier, Pierre-Alain Trevelo (c’est finalement une Marie-Douce Albert ravie qui s’est proposée d’aller remettre en personne le prix au bogoss en chef), Jacques Ferrier, Gaston Bardet (certes, celui-là est mort).

Deux tiers des lauréats sont déjà connus quand nous en venons à la fameuse question 12 et son beau parpaing -non pas doré- mais vert fluo. C’est Dominque Jakob (Jakob+MacFarlane) en personne qui reçoit ce superbe objet pour la Cité de la Mode et du Design, bâtiment voisin de la péniche. Dominique Jakob semble vouloir s’éloigner de la scène. Je la rattrape en lui suggérant de rester car elle pourrait être récompensée de nouveau. En effet, elle recevra par la suite deux autres parpaings. De quoi presque monter un mur. Sanaa, Nicolas Michelin et Coop Himmelb(l)au sont récompensés sans surprise. La cérémonie fût aussi brève qu’intense. Sans longueur ni temps mort -marre des ces cérémonies à rallonge où chacun se sent obligé de faire plus long que le précédent orateur – cette soirée fût riche en émotion, plein de retrouvailles (beaucoup de Bellevillois), plein de nouvelles rencontres (tous ces gens de la #teamarchi qui ne s’étaient jamais vus IRL – in real life) et surtout de franches rigolades – le punch mexicain ayant beaucoup fait pour cela. Encore merci à toutes et tous pour la réussite de ce projet  et en espérant pouvoir rééditer cet exploit l’an prochain, en mieux évidemment.

Pour conclure, et avant de vous laisser découvrir un petit diaporama de photographies réalisées par Sipane Hoh du blog Détails d’Architecture – une vidéo est aussi disponible ici, je tenais juste à remarquer que si les femmes architectes avaient été peu nommées dans les différentes catégories, elles se sont majoritairement déplacées pour recevoir leur parpaings d’Or. Alors les mecs, vous n’avez pas d’humour ?

PS : Je m’étais engagé à dévoiler les dépenses : sur les 2750 euros récoltés, 8% vont à KissKissBankBank, il restait environ de 2550 € : environ 1850 € en cocktail, service, gâteaux, verres… ; environ 400 € en location WC, chauffage, sonorisation ; environ 300 € pour les plaques et la couleur or des parpaings.

Publicités

8 réflexions sur “Revivez la cérémonie des Parpaings d’Or.

  1. Pourtant je m’étais bien promis de plus jamais sortir dans ces festivités nombrilistes, de ne plus m’y vautrer comme aux grandes heures quand A-J.A faisait péter la CB de l’Arsenal aux restos chicos après expositions politico-stylistiques. Mais bon, qui a bu boira et à re-re-faire une exception autant aller voir les djeun’s qui gardent un peu d’humour en ces années noires pour l’architecture.
    Et puis que voulez-vous en inconditionnel du père Corbu, n’ayant jamais mis les pieds dans cette sacrée péniche, la soirée ne saurait donc être complétement dénuée d’intérêts. Moi, j’arrive avant, toujours, j’aime ces instants de stress et je confirme bien qu’il en menait pas large l’animateur même avec l’Autre sans voie. Mais quel bonheur de découvrir ce lieu ainsi vide, de s’autoriser une visite en solo ; de déambuler sur son toit interdit, de plonger en sa proue. Cantal-Dupart en vieil humaniste remontait sérieusement en mon estime, et on discutait de ce bleu étrange des poteaux bien loin, si loin de la pensée originale ainsi que des difficultés à préserver ce témoignage pourtant classé à en croire les affichettes. Purée, on trouve plein de pognon pour restaurer je ne sais quelle ruine villageoise par crédit d’impôts pour milliardaire et pas un rond pour cette œuvre dédiée à la misère ! L’état des Dieux catastrophique de notre Ministère ! Mérite plus qu’un petit parpaing…. !
    Mais ça débarque en Grande Masse laissant leurs écrans partir en fumée et passé l’accueil chaleureux de Michel CD, allons-y pour les nominations.
    L’ancien PDG de l’Ordre en prend un pour sa virilité caucasienne, ouais…. pas un mot sur le le rasage gratis de nos missions. Rudy s’en branle ou à d’autres chattes à fouetter. Auto-flagellation du tenancier en guise de c’est jamais que de l’humour mais pas noir, lui !… La libérée du frac…Les bientôt en cloques … Un numérus clausus … Un trop facile à ce banquet mais Saint Patron de la scène… Un je de mots de ventre … Un pas du tout co-voiturage … Le polytechnichien de services urbains … Le vieux réac que la famille héritière va faire un procès pour réhabilitation … Les que leur péniche c’est autre chose, on peut y faire danser et boire les jeunes branchouilles friqués … Les samourails que t’as l’impression que t’en as encore plein le nez de la blanche… Le qui va pas aimer l’idée de sacrifice … Le train de pas si pneu qui déroule chenilles …. La coopérative virtuelle … Ouf.
    Un peu laborieux quand même de laver son linge sale en famille , faudrait pas trop froisser car après t’as un mal fou à refaire tes plis ! Mais c’est la première lessive publique, laissons sécher.
    Comme promis juré c’est la dernière fois donc autant le faire bien, hop à l’abrevoir.
    Sont sympas tous ces optimistes, je sais pas comment ils font, l’apanage de la jeunesse certainement. Mais j’arrive pas à prendre les poux en mémoire du lieu. Ca finit par rendre vains mes essais. Je vois des fantômes partout et des zombies hilares. Je me sens ou sur le radeau de la méduse ou en attente des charrettes de la Révolution Néo-Libérale et je suis déjà en train de dévisager les condamnés, les prochains disparus, les futurs moi.
    J’ai bien fait d’arrêter de m’exciter le cerveau, ça me va décidément plus, et c’est trop douloureux ces lendemains qui déchantent.
    Je vais me rentrer à pied, ça va me remettre debout pour retourner sous ma couette préférée. Faut-il pendre les architectes ? dixitait le jeu Tretriack.
    L’année prochaine et si la Seine est toujours si proche j’espère qu’ils décerneront des parpaings bien plus lourds avec des cordes pour passer au cou et non des modèles de critiques réduites .
    Je ne suis pas de nature assassine mais au moins on pourrait quand même noyer quelques effigies en attendant les bastaings d’or pour élever autres buchers expiatoires.
    En partant je me suis retourné une dernière fois vers la péniche, la main ouverte du Corbu y éclatait par sa blancheur, j’avais bien fait de venir, il y a toujours de l’espoir .
    M-o Dayot – artfurtif

  2. Tu as tout vire plus de couilles, et ta citation pompeuse de clemenceau ?? tu as frémi, ils se voyaient déjà sans travail et en garde à vue ??

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s