D’un concours républicain et de ses attendus…


Suite à la diffusion d’un questionnaire à choix multiples faisant office de sélection d’entrée à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille, le sociologue Olivier Chadoin, maître-assistant à l’ENSA de Bordeaux, Jérôme-Olivier Delb architecte, Philippe Simon, maître-assistant à l’ENSA Paris-Malaquais et co-fondateur de l’agence Galiano-Simon, Yannis Tsiomis, professeur et le sociologue et professeur à l’ENSA de Paris-Malaquais Jean-Louis Violeau signent une tribune commune sur l’Abeille et l’Architecte pour dénoncer le cynisme de ce QCM.


Marseille aura ces derniers mois régulièrement défrayé la chronique. Loin de l’utopie réalisée, Marseille demeure pourtant un lieu à part. Et l’on ne voit guère pourquoi l’architecture y échapperait… Voici quelques-unes des questions (voir ci-dessous) qui ont été posées aux candidats à l’inscription au sein de son école d’architecture en ce printemps 2013. Le lièvre a été d’abord levé par Marc Mimram, et nous lui reconnaissons le statut de lanceur d’alerte. Qu’y cherche-t-on en effet, sinon la fidèle reproduction sociale ou bien encore l’ouverture d’un marché juteux pour les prépas qui, on le sait, ont d’ores et déjà flairé l’opportunité à Paris, à Caen ou à Toulouse ? Entre élitisme et reproduction, attend-on l’arrivée prochaine d’un « préfet spécial » à l’école d’architecture ? Une suggestion : pourquoi ne pas livrer ce questionnaire (cultivé) à la sagacité d’étudiants achevant leur premier cycle, à la veille de l’obtention de leur Licence, juste pour voir…

 Ajoutons que cette reproduction des références avec tout ce qu’elle implique comme reproduction des hiérarchies, cas d’école au fond pour notre défunt sociologue Pierre Bourdieu, se borne à ne manipuler dans la plupart des cas que des signes canonisés. Qui plus est sur le mode implicite du beau et du laid, et du vrai et du faux, tout en esquivant le doute. Nous n’avons rien contre la culture, bien au contraire nous sommes chargés de la transmettre, mais lorsqu’elle se borne à ne convier que les signes du passé sans vraiment chercher à les confronter au présent, elle devient un exercice pour initiés sans prise sur le contemporain. Et nous ne dirons rien de la forme perverse du QCM. Rendez-vous aux questions 24, 43 ou 70… Et la 45, nous pourrions en discuter longtemps : Broadacre City était peut-être bien un projet « responsable en terme de développement durable » ! Cet exercice compassé ne nous semble pas porteur des enjeux auxquels l’exercice contemporain de l’architecture se trouve confronté. Il s’adresse pourtant à des adolescents d’à peine 18 ans.

Olivier Chadoin, Jérôme-Olivier Delb, Philippe Simon, Yannis Tsiomis, Jean-Louis Violeau.

[Suite à cette tribune, Pacal Urbain, enseignant à l’ENSA-Marseille a souhaité pouvoir s’exprimer en nous transmettant un droit de réponse à télécharger ici QCM Réponse URBAIN] 

Pour voir le QCM, cliquez sur la première image puis faites défiler. 

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39 réflexions sur “D’un concours républicain et de ses attendus…

  1. Perso, j’aurais échoué à ce questionnaire. Alors j’aurais pas fait archi. Alors j’aurais pas été journaliste au Moniteur. Alors je vous laisse juge de ce que le monde (de l’architecture) aurait perdu! Plus sérieusement, ce QCM vise, effectivement, à la reproduction des élites. A défendre l’entre-soi. A ne pas se mélanger.

    • Je pense que tu n’as pas du bien lire les questions.
      Elles sont tout sauf élitistes et incites le mélange.
      Une sélection sur dossier uniquement serait bien pire.

    • @jfd, aurais tu vraiment échoué à *tout* ce questionnaire ? Et puis pense tu que ce questionniaire fait 100% de la selection ? et puis…
      Et Merde ce débat sur l’élitisme est puant. que sait on de la technique d’évaluation des réponses ?! #jeposelaquestion

  2. Élite , élite … Bien sur ! A Marseille , me souviens que l’on enseignait a faire des maisons pour milliardaire plutôt que du logement social … L’architecture est élitiste pour des élites vous ne le saviez pas ? Ici , On roule tous en porche Panamera ! il n’y a pas de problèmes de banlieues , ni d’urbanisme …ni …. Bon , avec plus de sérieux , le concours , c’est autorisé ? je croyais que non … Je suis architecte , mais pas de « ceux la »

  3. Je suis choquée par tant d’élitisme.
    Entrée à 18 ans en Ecole d’Archi, j’aurai également échoué à ce questionnaire.
    La vocation d’une Ecole n’est-elle pas justement d’enseigner ?
    Demandera-t-on bientôt à des enfants de 3 ans de savoir lire et compter avant de rentrer à la Maternelle ?
    Effectivement, à part poser les jalons d’une prépa rendue indispensable, je ne vois pas l’utilité de ce QCM.
    Le jour de mon entretien d’entrée, je m’en rappelle encore, on m’avait questionnée sur le bâtiment que je préférais dans ma ville de l’époque, sur l’émotion ressentie lorsque je l’avais visité pour la première fois. Mais ça, c’était avant.

    • J’ai beau lire et relire les questions, je ne voix que culture générale, géométrie et physique digne du collège, compréhension de texte, et logique. Il y a même la définition de mots propre au domaine de l’architecture à la question 20.
      C’est vrai, je dis « culture générale », mais certaines questions sont plutôt orienté architecture, mais d’actualité : qui n’a pas entendu ou lu Riciotti parler du BFUP du Mucem ces derniers mois, que ce soit à la télé, à la radio ou dans le moindre journal gratuit… Si on veut faire des études d’architecture et qu’on reste sourd à ce genre d’information, je ne sais pas comment ces étudiants se feront une culture.

    • Lorsque l’école de Marseille aura les moyens des écoles parisienne, elle pourra alors se permettre de prendre plus de 200 étudiants sur les 1200 inscrits. En attendant, pour en éliminer 1000, mieux vaut un test honnête qu’une sélection sur dossier pour petit bourgeois.

      • Pourquoi passer directement d’un QCM tordu à une sélection sur dossier, pensez-vous qu’il n’y a que 2 types de sélections en France ?? Venant de l’école de Bordeaux je me vois affligé par certaines réponses. Voyez-vous nous ne sommes pas sélectionnés sur dossier comme des « petits bourgeois », mais nous ne sommes pas non plus soumis à un QCM relatant tout sauf l’ouverture que la discipline se doit d’avoir aujourd’hui. Un écrit, sur un sujet, libre au candidat d’y raconter ce qu’il veut, plus un oral ensuite, n’est-ce pas une meilleur solution ?? Nous ne sommes pas pris en école d’architecture pour notre « culture » en la matière, mais bien parce que ceux qui nous sélectionnent pensent de nous que nous faisons de bons candidats, peut-être tous différents les uns des autres…

    • C’était mieux avant…….
      Je suis choqué par tant de frivolité dans ta réponse (je te tutois parcequ’avant même en désaccord les architectes ce tutoyaient) à tu seulement fais ce test autrement qu’en survol? Ne te rends tu pas comptes qu’il convoque plus la logique que le savoir!!! Bien sur sors moi 4 questions sur 80 qui demandent ce savoir élitiste de grand bourgeois … et après 4 sur 80!!!!
      Et crois tu seulement qu’en demandant le rapport entre Pouillon et Paul Rudolph que tu ne connais peut être pas toi même (et pourtant je te sais brillante, fine, inteligente.. limite bourgeoise…) on ne demande autre chose au, peut être, futur étudiant d’ouvrir grand ses yeux!

      S’il te plait fais en de même, ouvre les yeux!!!

      quand à un oral, oui da!
      si l’école en à les moyens qu’elle le fasse je suis de tout coeur d’accord avec toi, mais je la crois moins bien doté en moyens que ces consoeurs parisiennes qui sont c’est connu pas élitiste pour un sous…
      Je déteste cet antagonisme Nord/Sud mais ce début d’article me pousse a revendiquer ma nature sudiste!!

      Combien d’étudiants boursiers à Marne la Vallée ??

  4. La question 23 est mythique : typique de profs d’archis qui t’embrouillent avec un sourire cynique et une private joke entre potes de la même chapelle en prime. Diantre, déjà ça fait mal la première foi, alors quand t’es même pas rentré à l’école, c’est plus du bizutage, c’est quasi du viol d’intelligence !

    Mauvais souvenirs…

    • Etrange…
      C’est pourtant une question où il suffit de regarder les illustrations, lire les réponses possibles et voir que plusieurs sont valables. D’ailleurs la possibilité étant offerte de cette réponse, peut être que la choisir est une idée judicieuse, des fois que son rédacteur imagine qu’il puisse y avoir plusieurs réponses à une question, on ne sait jamais…

  5. Une tribune que je trouve, pour le coup, plus élitiste que le sujet qu’elle entend dénoncer. Ce QCM faisait appel à l’astuce, à la sagacité et au sens de l’observation des candidats qui se fichaient pas mal des édifices « canonisés » puisque, pour la plupart, ils sont censés ne pas les connaître.

    Les questions à choix multiples ne sont pas « perverses » mais permettent de saisir la perception du candidat sur les problématiques abordées.

    J’ai été beaucoup plus choqué par des sélection d’autres écoles qui ne prennent en compte que la qualité de l’écrit pour choisir qui, de tous les candidats, aura le droit ou non de tenter sa chance dans le métier d’architecte.

    J’en connais un qui a échoué partout ailleurs et réussi à Marseille. Son défaut : être arrivé en France il y a quatre ans et avoir vécu dans un milieu populaire. Le QCM de Marseille lui a offert sa chance, pas les autres.

    Je vous laisse y réfléchir…Même en invoquant Bourdieu, tiens, ça peut être utile.

    • Je suis d’accord avec vous, ce questionnaire apprend aux aspirants étudiants qu’il faut savoir se démerder, qu’il n’y a pas forcément de réponse parfaite. Il les prend pour des gens capables de raisonner. Avec une liste de lecture bien faite, ils peuvent meme pour les plus motivés bachoter leur concours sur les questions plus traditionnelles en quelques semaines.
      Je ne doute pas que ceux qui sortent de prepa auront, pour le coup, du mal à repondre aux questions moins standard.
      Je soupconne l’ecole d’avoir quelques questions ‘pour rire’ non côtées. Bref, ca dit bienvenue dans la vraie vie.
      Il faut savoir : est ce qu’on veut des étudiants futés, cultivés, motivés ?
      Perso, je suis pas archi, et j’ai envie de repondre à ce questionnaire en forme de test de personalité.
      Bien à vous

  6. La question est délicate et très débattue dans les écoles en ce moment. Vous avez une solution ? On accepte tout le monde ?

  7. Je viens de le faire, et je l’ai fait faire à mon fils qui est en première (qui doit avoir tout de même une petite culture architecturale, même si je m’interdit de le pousser dans cette voie…). Résultat, les questions sur lesquelles il a vraiment butté sont celle citées plus haut (24, 43, 45 et 70) auxquelles je me demande aussi quelles sont les « vraies » bonnes réponses, ainsi que les 7, 17, 20, 25-26, 33, 53 à 56, 63 et 65. Finalement, les autres sont, comme il est dit au dessus, plus des questions de logiques et de compréhension. Quatorze questions sur 80, c’est ça l’élitisme ? (peut-on trouver les réponses à ce QCM ?)

    • Dans certaines questions, comme la 51, il n’y a pas de « vraie » bonne réponse. Elles permettent d’en savoir plus sur la perception de l’espace du candidat…A ce qu’il me semble.

  8. Je précise quand même que les questions où mon fils n’a pas séché ne sont pas forcément justes… plutôt fausses d’ailleurs… Je ne sais pas si il serait rentré.
    D’ailleurs, que font les autres écoles ? Quand je suis rentré à l’école il y a 25 ans, il n’y avait pas de sélection… mais visiblement les demandes sont beaucoup plus nombreuses aujourd’hui. Pourquoi tant d’étudiants veulent suivre cette voie ? Quand on connait nos problèmes professionnels, je me demande ce qui peut les attirer.

  9. Des avis negatifs, d’autres positifs… ce projet de QCM n’etait donc peut etre pas si mauvais que ça. …
    a suivre…

  10. Ni les écoles, ni les enseignants et encore moins notre Ministère depuis des lustres n’ont ni n’ont eu de courage. Les écoles (à l’exception de Belleville peut être) inventent chacune une épreuve, des tests, des oraux à leurs sauces afin d’accepter par an la centaine de bacheliers récemment labélisés. Critères mous, épreuves bancales cucu c m à la noix. Les écoles sont contentes, le Ministère ravi et le pire arrive, les étudiants de première année et leur famille sont persuadés avoir réussi un gros concours d’entrée dans une grande école, le rejeton a de l’avenir. En fait on récolte tout et rien : un 1/3 d’étudiants qui n’ont rien à faire en architecture et que l’on traîne jusqu’au diplôme, 1//3 de mous, 1/3 de bons. Nous n’aurions rien fait que les statistiques et le hasard nous auraient fourni les mêmes proportions.

    Après on ne sait plus très bien, selon le climat, les latitudes, la plus ou moins forte contagion du mandarinat renaissant depuis au moins une décennie (à moins qu’il n’ait jamais disparu), la plus ou moins grande démagogie des enseignants dans le genre gauchisme tardif et compassionnel, les étudiants passent d’années en années. La licence n’étant nullement une étape à partir de laquelle certains accéderaient aux masters et d’autres pas. Bref, cela tient du patronage, du lycée Papillon. Alors qu’une école comme Marseille où les enseignants tutoient tous leurs étudiants et distribuent les certificats sur la plage fasse ou ne fasse pas une mascarade d’épreuve d’accès aux écoles, cela n’a plus d’importance.

    Comme la licence d’exercice est maintenant fournie par l’Ordre, nous ferions bien de réfléchir et de cesser de courir après des Lune impossibles à atteindre.

    Le Ministère ne fera rien (5 ou 6 Pékins y font la loi depuis 40 ans et sont attachés à ce maigre pouvoir et sont ravis de tenir « sous tutelle » nos rafiots).
    Imaginer que les écoles se concertent pour faire un examen national à l’issue de la première année, toutes les lois républicaines et de la communauté européenne et un fond de syndicalisme unitaire s’y opposeront
    Que chaque école réagisse, cela m’étonnerait

    Bref ce n’est point la peine de jeter la pierre à ces pauvres marseillais qui sont comme leur ville

    Je suis plutôt pessimiste quant à la qualité générale de notre enseignement et sa capacité à faire autre chose que ce genre hybride, pas vraiment architecte, pas vraiment urbaniste, pas vraiment sociologue, pas vraiment maître d’ouvrage, pas vraiment artiste, pas constructeur pour un sou, philosophes de bistrot se prenant pour le maire, le banquier et l’habitant. Bref nous sommes plutôt moyens, voire faibles et pouvons mieux faire.
    Dans notre école ce n’est pas pire qu’ailleurs, comme épreuve on épluche des oignons, on photographie des chaises et en lisant ce marc de café nous pensons distinguer le crétin du pas crétin. L’essentiel c’est d’y croire

  11. Elistisme de quoi ? Tout le monde sait que le problème de Marseille n’est pas son test d’entrée mais ses mécanismes de reproduction qui ont lieu au cours des études.
    Ma pauvre mention AB au bac, mon dossier scolaire « peut mieux faire » ne m’aurait JAMAIS permis d’entrer à Malaquais ou Belleville.
    Je ne suis pas fils d’architecte de père en fils, et quand je suis tombé sur le QCM de Marseille en 1999, j’ai pu montrer mes capacité logiques, de perception de l’espace. Puis en tombant sur la partie culture gé, j’ai fait comme j’ai pu, c’est à dire sans aucune culture architecturale – à la question « quel bâtiment du XXeme s. appréciez vous? » j’ai répondu les pyramides d’Egypte ! en pensant à celle du Louvre)
    Bref, avec mon bon sens logique, j’ai pu répondre à la plupart des questions posées… et dans la troisième partie, je n’ai pas paru pas très cultivé quand il s’est agit de disserter sur une photo aérienne montrant le carré d’Art de Foster et la maison Carrée dialoguant sur une place à Nîmes. Mais je suis certain que les correcteurs n’ont pas cherché à savoir si je connaissais Foster, si je maîtrisais l’architecture antique ou si j’étais un crack de la critique des aménagements urbains de cette fin de siècle. Juste voir si je suis capable d’écrire sur un bâtiment, avec toute l’innocence respectable d’un gamin de 17 ans. C’est à mon sens une bonne manière (doit bien y en avoir d’autres) de se poser la question suivante : « Pourquoi ce gamin veut-il entrer dans une école d’archi ? »

    Où est la reproduction d’une profession quand on pose 90% de questions qui n’ont RIEN A VOIR avec une nécessaire connaissance préalable en culture architecturale ? Dois-je connaître Mies van der Rohe pour repérer un poteau sur un plan en ne faisant appel qu’au raisonnement ? Est-ce qu’être fils d’archi permet de mieux percevoir l’espace ?

    A contrario, je suis quasi certain qu’une école qui recruterait exclusivement sur dossier scolaire (mention très bien minimum) et sur lettre de motivation (souvent mieux écrite quand on baigne dans l’architecture de papa-maman) ne m’aurait jamais « recruté. »

    Pourtant, après une premier cycle à Marseille, où j’ai manié le porte-mine 2mm sur papier canson à grain format Raisin ou grand Aigle (pendant les apres midi d’esquisse) où j’ai appris à manier le rotring avec P. Urbain, à dessiner, sclupter, photographier avec Boyer (je me rappelle encore de ses : EVRAAAARD !) , oui, après avoir pu apprendre des bases, je me suis enfui vers Paris, vers l’anonymat, loin du clientélisme, vers un ensignement ouvert, où l’étudiant choisit son parcours.
    J’ai alors continué à Malaquais.

    Ironie de l’histoire, MM Simon et Violeau qui co-signent cette tribune y sont enseignant et chercheurs. et je doute qu’il m’auraient, aujourd’hui reçu dans leur école qui, pour le coup, souffre d’une belle image élitiste.
    De Marseille j’avais quitté le bon Urbain et le bourreau Lamourdedieu, j’étais fier de me développer avec Claude Lévêque, d’avancer mes réflexions avec Jac Fol ou Dominique Rouillard, de manier le projet avec Philippe Panerai ou Xavier Fabre…

    Sans un QCM qui teste la vivacité d’esprit des aspirants, vous n’aurez dans vos écoles que des moutons bien disciplinés dopés à la bonne note et à la culture architecturale reproduite de pères en fils.

    Et la question des prépas, serait-ce réellement le problème des écoles ? Est-ce à cause des écoles qui corsent leurs tests qu’il y a des prépas, ou bien est-ce l’ouverture et la promotion d’un marché des prépas qui poussent les écoles à relever leur niveau ?
    Plutôt un problème général qui ne touche pas que l’archi, et n’est-ce pas plutôt un dommage colatéral dû à la course au prestige qui a été organisé au moment de la LMD ? Hein Jérome ? Toi qui a co-écrit cette réforme (contre laquelle moi-même je me suis battu – au moins sur la question de la division en deux du diplôme sanctionnant nos si belles études.)
    Mais ça, à coup sûr c’est un autre débat.

  12. Ah, ma réaction, je l’ai écrite avant de lire la réponse de P. Urbain, « Enseignant de deuxième classe. »
    Chère Abeille, ne pas reconnaître qu’il a raison sur toute la ligne serait poursuivre votre tribune bourrée de mauvaise foi et de condescendance.
    Cordialement
    JRE

  13. On peut indéfiniment argumenter le pour et le contre… En revanche, autour de moi (architectes de Strasbourg et de l’école d’architecture de Strasbourg), le constat est évident : 98% des personnes sont abasourdies par ce QCM et ce qu’il implique de « formatage » préalable! Amis marseillais, ne le prenez pas mal, votre solution à ce problème auquel les écoles répondent toutes par des solutions tout aussi bancales et critiquables, a au moins fait prendre conscience, par son caractère caricatural, de l’iniquité du système actuel, dont le pire n’est pas les modalités d’admission mais plutôt les sommes phénoménales payées par es familles des postulants, pour faire le tour des écoles d’architectures!

    • Décidément, c’est bien d’avancer des choses, mais soyez plus explicites… Où est le « formatage » ?
      Je comprendrai qu’à l’époque où on choisissait un seul bâtiment qui était le support de conférences, de documents d’analyse ou de vidéos comme on a pu le faire, on puisse parler de formatage, parce que ne parler que d’un seul exemple le mettait dans une position particulière, même si ce n’était pas l’intention…
      Mais là, je ne comprend toujours pas la critique.
      Où sinon, c’est Pythagore… Continuer à faire circuler dans la tête des jeunes que le carré de la longueur de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres cotés dans un triangle rectangle, c’est réac et formaté… il faudrait peut être passer à autre chose…
      Donc, ami Strasbourgeois, je ne le prends pas mal, j’aimerai juste comprendre ta critique par un peu plus de développement…

  14. (J’avais écrit ces quelques lignes hier à une heure trop tardive pour être sûr de les poster. Pascal Urbain m’a devancé, mais je poste tout de même cette réponse plus légère…)

    Je me suis directement impliqué dans l’organisation de ce QCM à l’école de Marseille lorsqu’il s’est agit de proposer un test d’entrée afin de faire un « tri » dans le millier de demandes que reçoit l’école. Cette proposition s’est construite après l’analyse des autres méthodes de sélection que l’école a pu expérimenter depuis quelques années et de leurs résultats. Suite à ce QCM, qui ne représente en rien une panacée, nous continuons à travailler sur ces méthodes de « sélection » pour notre école, en analysant leurs différents avantages et inconvénients avec ces nouvelles données.

    Dans ce débat, ce qui me choque, ce n’est pas que « notre » QCM soit remis en question, mais la façon de le faire !

    Chers collègues, vous avez de bons mots pour jeter le discrédit sur ce travail fait par vos collègues et qui a été diffusé publiquement (non, ce n’est pas Marc Mimram qui a « découvert » ce QCM, il a été largement diffusé aux écoles et à notre ministère pour avoir vos avis en retour), mais avez-vous quelques solutions à proposer pour faire avancer la discussion ? Que faites-vous dans vos écoles ? Comment assurez-vous que votre moyen de sélection est juste et républicain ? Comment vous assurez-vous de la diversité sociale de vos étudiants ? Êtes-vous certains que vous ne faites pas à votre manière ce que vous reprochez à ce test ?
    Et puis, en quoi ce questionnaire est-il une « fidèle reproduction sociale » ? En quoi les questions ne seraient pas accessible à la majorité des lycéens intéressés par l’architecture ? Il a été proposé à diverses populations d’étudiants en architecture ou non, d’architectes, jeunes et moins jeunes, de lycéens… Certes, ces tests seront peu représentatifs pour en tirer de vraies analyses à cause du petit nombre, mais ils nous donnes quelques indicateurs.
    Enfin, dans vos moyens de sélection, qu’attendez-vous repérer ? de futur « bons » architectes ? de futurs bons étudiants ? des étudiants qui sortent de la norme ? des étudiants qui finiront dans vos agences en reproduisant VOTRE modèle ? Personnellement, je cherche à recruter des étudiants qui ne vont pas se planter en première année (dans des domaines autres que le projet), c’est déjà ça et je l’assume.

  15. D’accord, soyons plus précis, pour faire avancer les choses. D’abord, rappelons qu’en France, contrairement à d’autres pays, l’initiation à l’architecture est absente des programmes du secondaire, ce qui déjà est contestable. Pourquoi parle-t-on des arts et pas de l’architecture (sauf le cas d’enseignants sensibilisés à ce domaine, et quelquefois les CAUE qui font de la sensibilisation en milieu scolaire).
    Rappelons aussi au passage que la procédure étant en soi illégale (le baccalauréat est un examen d’entrée aux études supérieures, pas un examen de bilan du secondaire), elle n’est justifiée aujourd’hui que par la capacité d’accueil des écoles, fixée en général au pifomètre (en médecine on prend plus d’élèves que ne peuvent accueillir les amphis c’est bien connu). Les étudiants qui font recours sont souvent « récupérés », du fait de ce vide juridique.
    Pour en venir au contenu du mode de sélection, le QCM de Marseille a l’avantage d’être un dispositif identique pour tous les étudiants, et donc de ne pas dépendre des enseignants impliqués – de façon aléatoire comme à Strasbourg – dans des auditions. La critique porte donc sur la nature des questions, qui est très diverses. Les questions qui portent sur la géométrie ou le sens logique ne font, me semble-t-il, pas l’objet du débat. Elles visent à privilégier des étudiants ayant des aptitudes à voir dans l’espace et à raisonner (par exemple question 1 à 4). Le problème surgit dès lors qu’il est nécessaire, pour « bien » répondre, de connaître préalablement les architectes et les réalisations présentées. Par exemple, dès la question 5, dont la juste réponse ne peut être donnée que si l’on a identifié les vues (le projet 2, projet de sauvetage d’un site romain, pourrait également être une « île flottante »). Ces questions, qui favorisent grandement les jeunes issus de milieux ayant déjà une culture générale, sont très (trop) nombreuses.
    J’aimerais bien savoir quelle est la bonne réponse (2 ou 3?) à la question 23 (colonne de Juillet). Vous dites que c’est exprès que certaines questions n’ont pas de réponse évidente (les étudiants sont-ils au courant?); permettez-moi d’être choqué par cette nouvelle philosophie du test de connaissance.
    Plus on avance dans le questionnaire et plus on a le sentiment que les questions correspondent à ce que l’on est sensé apprendre dans une école.
    Je ne suis pas le dernier à critiquer les procédures d’admission dans ma propre école (bien que j’y participe chaque année). Le pire étant la présélection faite sur dossier scolaire qui élimine les jeunes au parcours chaotique et conduit à une augmentation exagérée du nombre de filles (65% cette année en 1ere année) puisque toutes les études montrent qu’elles ont de meilleures notes au lycée que les garçons. Évidement je rêve d’une école qui accueillerait tous les postulants et les départageraient au terme d’une première année d’introduction au travail de projet. Au moins pourraient-on éviter aux étudiants de postuler dans dix ou douze écoles, ce qui lie l’augmentation des chances d’être pris aux ressources financières familiales, en établissant un système de même nature à l’échelon national, système que chaque école pourrait adapter en fonction de sa spécificité.
    Voilà, j’espère avoir précisé les choses sans stigmatiser qui que ce soit.

    • Didier, je salue votre réponse qui, dans ce débat, a l’avantage de poser de vraies questions et d’expliquer des positions. Je vais aussi prendre le temps d’y répondre point par point, au fil de la lecture.
      Je déplore autant que vous le manque de sensibilisation sur l’architecture faite durant la scolarité du secondaire. Mais je suis moins catégorique. Mon fils qui est en seconde a eu au programme de fin de collège une sensibilisation à l’architecture dans le cadre des arts plastiques. Certes, l’enseignante avec qui j’en ai discuté me disait qu’il n’y avait pas de programme précis, mais elle leur avait fait faire deux exercices, un sur la culture et l’autre sur la perception de l’espace bâti. De plus, pour le brevet, l’exercice « d’histoire des arts » est obligatoire au programme et proposait dans le collège de mon fils un bâtiment parmi les œuvres à étudier. À nous, de proposer aux instances pédagogiques du secondaire (et même du primaire) des plans de cours ou des « kit » de sensibilisation pour cadrer ce qui peut être une entrée en la matière pour faire passer la culture architecturale.
      La sélection à l’entrée est effectivement « illégale », mais recevoir plus d’étudiants que ce que le bâtiment peut en recevoir l’est aussi. Cette limite d’accueil est à la fois réglementaire quand à la capacité d’accueil d’un bâtiment, mais nous devons assurer que les étudiants inscrits ont la possibilité de suivre les enseignements. Ils pourraient tout autant faire un recours parce qu’ils n’ont pas pu suivre un cours parce que l’amphi était bondé, et leur échec serait de la responsabilité de l’établissement.
      Pour le QCM, il faut quand même que vous sachiez qu’il y a un barème qui privilégie les questions de compréhension de texte et de déduction par rapport à des questions de connaissance. Ensuite, dans la mesure du possible, on ne regarde pas les projets pour ce qu’ils sont mais les images des projets, de la même façon que l’explique Pascal Urbain dans sa réponse, pour la question 70 il ne faut pas connaître les architecte mais comparer deux images. Pour la question 5, il est vrai qu’elle aurait du être « Le quel de ces projet ne pourrait pas être conçu pour flotter » et il s’agit du premier où la lumière passe sous le bâtiment, donc se décolle de l’eau, et pour les plus perspicaces de remarque qu’on n’a affaire à un plan d’au mince sur lequel on ne peut pas faire flotter un tel bâtiment.
      Pour la 24 (colonne de Juillet), c’est la 2 et/ou la 3. Oui, dans un QCM, on peut avoir plusieurs réponses justes, certaines fois même aucune réponse juste, ou encore toutes justes (question 14). Ces points étaient expliqués lors de la présentation du test, ainsi que le fait qu’une mauvaise réponse entraînait des points négatifs, privilégiant l’abstention au hasard.
      Chaque question est de la responsabilité de l’enseignant qui l’a posée, nous n’avons pas pris le temps de vraiment décortiquer chacune d’elle pour la réécrire ou la réinterpréter (ce qui a laissé passer quelques coquilles malencontreuses…), mais ça a permis d’avoir une variété dans le ton et la logique du questionnaire.
      Comme vous dites, « le pire étant la présélection faite sur dossier scolaire », le dossier qui est là encore sans aucune objectivité entre lycée… nous en tenons compte pour 50 % dans l’évaluation finale, ce qui propulse en tête de classement des étudiants étrangers qui arrivent avec des 19,33 à leurs dossiers ! Peut être sont-ils très bon, mais peut-être aussi que la notation chez eux n’a pas la même valeur que chez nous.
      Encore une fois, nous ne pensons pas avoir un test magique qui résoudrait tous les problèmes d’entrée dans les écoles, mais nous avons pensé qu’il fallait tester quelque chose d’autre, d’en tirer des leçons et d’en faire profiter nos collègues. Avec l’analyse des résultats, et le débat qui s’instaure (quand il est constructif), nous savons quels sont les points forts et les points faible de ce type de test. Si c’était à refaire, nous le referions mieux.
      Et comme vous le précisez, on n’a aucune donnée pour savoir combien d’étudiants se présentent à combien d’école. Peut-être que les 1000 étudiants qui se sont présentés ont postulé dans 6 à 10 écoles et que finalement la pression qui nous pousse à nous lancer dans de telles réflexions n’est qu’artificielle et n’est créé que par la peur des étudiants de ne pas être pris à la sortie du bac…

      • merci pour ces précisions. Il serait intéressant d’avoir un bilan pour chacune des écoles, puisque chacune a testé des procédures différentes!

  16. pardon pour les fautes d’orthographe, est-ce qu’elle entraînent une perte de points ? (vrai problème d’ailleurs)

    • J’invite tous ceux qui doutent du caractère farfelu du QCM à se pencher sur le cas des poubelles Montréalaises! Mais quid du résultat de la galéjade sur la composition de la promo 2013?

  17. Vu la date des discussions, je ne sais pas si mon commentaire sera lu et aura des réponses… Mais qui ne tente rien…
    Je fais des recherches sur les modalités d’entrée dans les écoles d’architecture pour mon fils (trop stressé par la préparation du bac pour s’y coller lui-même) et c’est un des rares articles que j’ai pu trouver à ce sujet. J’ai donc lu attentivement le test et les discussions pour me faire un avis. Je suis Marseillais et pas architecte, mais je travaille dans le domaine de la communication et côtoie de temps en temps le milieu du bâtiment (plus souvent les promoteurs que les architectes). J’ai rapidement essayé de répondre au questionnaire, et malgré mon inculture en architecture, je pense avoir répondu à plus de la moitié des questions sans que ça pose problème en quelques minutes (je prendrais le temps de faire le reste à tête reposée avant de le faire faire à mon fils durant ces vacances). Je ne comprends pas trop où est le problème soulevé, ou sinon je dois faire partie de l’élite concernée ?
    Au delà de cet avis, je voulais savoir si il y avait des informations sur les autres écoles comme Montpellier, Lyon, Grenoble, La Villette où mon fils postule ? Est-ce qu’à Marseille le test de cette année ressemblerait à celui-ci ou s’il allait changer ? Et surtout, quelles sont les qualités d’un jeune lycéen attendues pour la réussite dans ces études (et dans la vie professionnelle) ?
    Merci de vos réponses.

  18. Je n’avais pas eu de réponse au moment opportun et finalement, mon fils s’est préparé à un concours de même type à Marseille et il a eu raison : de nouveau un QCM de même type. Même s’il était reçu (en liste d’attente) il est entré à l’école de Lyon.

    Mais je reviens vers votre blog parce qu’il a eu une petite indiscrétion de la part d’un de ses enseignant qui lui a dit que l’année prochaine le concours sera organisé nationalement. Visiblement des directives orienteront toutes les école vers une sélection sur un entretien.
    Qu’en sera-t-il de l’objectif « Républicain » dans une sélection où l’apparence et le beau discours pèseront beaucoup dans la balance ? Quelle assurance aura-t-on que la préférence n’ira pas vers les enfants de « collègues » ? A choisir, j’ai préféré ce mode de sélection anonyme où mon fils s’est battu avec les mêmes armes que chacun que les écoles où il a du passer un oral, domaine où il n’est vraiment pas à l’aise, sans compter la façon dont certains correcteurs l’on déstabiliser avec des questions sur le métier d’architecte et sa mission (oui oui, un enfant de 17 ans doit visiblement déjà avoir une idée de la mission sociale de l’architecte dans le développement de la ville pour pouvoir prétendre à suivre une formation qui devrai lui apprendre ça !).
    Si cette information est exacte, que l’oral sera un passage obligatoire pour rentrer dans une école d’architecture, comment assurer la mixité républicaine ? Comment ne pas favoriser les bobos beaux parleurs face à la possible compétence non exprimée que peut avoir un gamin de 17 ans ?

    Je vous laisse cette information entre vos mains et vous laisse mener l’enquête.

    Merci encore pour votre blog que je lis régulièrement depuis que mon fils est entré dans ce monde de l’architecture inconnu pour moi avant.

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