Faut-il pendre Edouard François?


Maison d’architecture Edouard François

Edouard, je ne sais pas si tu te souviens, mais il y’a quelques mois, j’écrivais à Jean Nouvel un petit billet qui faisait du bruit dans le Landerneau architectural. J’ai bien peur que ce soit ton tour aujourd’hui pour ton œuvre en général et pour ton opération de 118 logements sociaux à Champigny-sur-Marne en particulier. Mes lecteurs non-architectes ne te connaissent pas, mais en revanche, la plupart connaissent ce projet. Bah oui, ils ne lisent pas les revues d’architecture (d’ailleurs peu l’ont publié) mais ils écoutent sûrement Philippe Trétiack sur France Culture, dithyrambique sur ton projet, raconter des conneries sur la banlieue ou encore Télérama, flagorneur (sans l’avoir visité) mais sais-tu qu’ils lisent encore plus, à tes dépens, Le Parisien. Allô? Non mais allô quoi? T’es architecte et tu construis n’importe comment? Allô? Allô?!

Le projet en question. 

Après Tower Flower, l’Immeuble Qui Pousse, ou encore Eden Bio, Edouard tu nous as donc livré ton Collage Urbain. Sur les conseils de ton ami Trétiack, je ne suis pas allé à Champigny-sur-Marne. Trop dangereux. J’ai regardé les photos de maquette, de chantier, de réalisation et toutes les vidéos que tu as faites. Quel communiquant, tu fais,  tout est disponible sauf quand on cherche les plans, les coupes ou les détails les détails. Seul le site Europa Concorsi m’a permis de les découvrir. Je comprends un peu mieux en les voyant  la raison de cette discrétion. Mais revenons au parti architectural qui semble supplanter -au moins dans le discours- la qualité spatiale des plans. Celui-ci est simple: la ville de Champigny-sur-marne est moche: maisons bourgeoises, barres HLM des années 60 et pavillons individuels. Ne rajoutons donc pas de la beauté dans ce tissu architecture ratée: «On m’a demandé de faire du beau. Mais cela n’avait aucun sens de faire de la beauté à cet endroit. Elle aurait été comme abandonnée en plein carrefour». (source) Le moins qu’on puisse, c’est que ton pari est réussi mais penses-tu sérieusement qu’ajouter du mépris de classe à la souffrance des gens devant se loger dans du logement social fera avancer le débat et rendra les architectes fiers de leur travail? Est-ce si étonnant de ta part? Ne disais-tu à Libération en 2008 à propos de logements sociaux que tu avais livré : « «C’est donner de la confiture aux cochons», quand il voit les pauvres meubles des habitants venir polluer son oeuvre.«  ? Les pauvres n’ont-ils pas le droit au beau ou est-ce réservé au Fouquet’s Barrière ?

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Vue intérieure des pavillons suspendus.  

La théorie, que tu as développée pour ce projet, reposait sur une formule mathématique: moins multiplié par moins, ça fait plus. Mais toi qui a fait Ponts et Chaussées, tu as oublié que moins multiplié par moins multiplié par moins (bah oui, tu colles trois styles), ça fait encore moins. Tu pensais vraiment qu’en additionnant des constructions réalisées sans architectes (maisons bourgeoises, barres HLM des années 60 et pavillons individuels), tu allais créer de l’architecture ? Non sérieusement, Edouard, tu y as cru ? Que tu me dises que tu voulais faire une œuvre à la manière du sculpteur coréen Do Ho Suh, (voir ci-dessous) je peux le comprendre. Tu es un artiste mais pas un architecte social qui pense aux habitants et aux symboles que tu immisces. Tu viens coller des petits pavillons neufs, pavillons qui selon Emmanuel Todd (lien) sont « moins dans l’esprit de leurs propriétaires des rêves petits-bourgeois que des abris antiglobalisation ». En les suspendant dans le vide, ces pavillons suspendent les locataires (propriétaires) à un avenir incertain alors qu’ils ne souhaitent qu’avoir les pieds sur terre. Tout est symbole et là celui-ci est terrible. Ne faut-il pas être à tel point déconnecté de la réalité pour ne pas s’en rendre compte ? A ces fautes manifestes, je préférerais que tu me dises que tout ça n’est qu’une communication entre un bailleur, une mairie et toi. Que pour toi, l’architecture est communication. Dans une fulgurance rare, Jean Nouvel nous donnait sa définition de l’architecture : « L’architecture était la pétrification d’un moment de culture » (L’Express – juin 2008), j’ai l’impression que pour toi l’architecture, c’est la pétrification d’un moment de communication. Tu t’y connais en communication, tu as été bien formé, n’est-ce-pas ? Tu connais du monde.

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Fallen Star House du sculpteur coréen Do Ho Suh

L’architecte green-communicant.

Le web a un défaut, c’est qu’il n’oublie rien, garde tout et le ressort quand tu le titilles un peu. Descendant de la dynastie des Binet de Boisgiroult de Sainte-Preuve, tu fais des études d’architecture (où?) mais aussi tu étudies à l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris et à l’École Nationale des Ponts et Chaussées ce qui ne t’empêche pas de t’inscrire à l’Ordre des Architectes dès 1983 à 25 ans mais tu ne fonderas ton agence qu’en 1998. Quinze ans de – on ne sait pas –  et de collaborations avec François  Roche et Duncan Lewis qui ne t’ont d’ailleurs pas laissé un bon souvenir… Toutes ses dates sont approximatives car aucune ne concorde dans les différentes biographies disponibles. Passons. On te retrouve là en 1998 à Montpellier avec un projet de logement à quasiment 5 millions d’euros par un promoteur privé. T’as vraiment de la chance, ce n’est pas à moi que ça arriverait ce genre de truc. La chance se poursuit puisqu’un an après avoir livré cet immeuble qui pousse, tu poses pour de la publicité pour American Express. La classe. Comment t’as fait?

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Edouard François pour American Express – Agence Ogilvy

Tu t’en doutes, si je pose la question, c’est que j’ai une petite idée de la question. Pour cela, il suffit de lire le nom de l’agence Ogilvy dont la patronne n’est autre Nathalie Rastoin, ton ex-femme (hier conseillère de Ségolène Royal et aujourd’hui conseillère off de François Hollande). Je sais, tu vas me dire que c’est moche de m’attaquer à la vie privée mais là ça a un sens et pas seulement par cette publicité anecdotique. En fait, Nathalie t’as appris les bases de la communication et t’as façonné une image à la fin des années 90, celle du green architecte, un peu de discours vert, un peu de plantes vertes, un peu d’arbres verts et hop, t’es devenu l’icône du green-sustainably-eco-bio-2.0 avant tout le monde. Avant que tout cela ne devienne la norme des années 2000-2010. Hyper bien joué. Ensuite, tu donnes un bon nom à tes projets (voir plus haut) avec un concept fort, une image (maquette ou perspective) forte et hop le tour est joué, t’as vendu ton projet. Tu ne fais pas de l’architecture, tu vends un produit architectural, une tendance, une ligne, un style, une griffe, d’ailleurs n’as-tu pas, comme les maisons de couture, changé ton nom en Maison Edouard François.

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Edouard François moulé – tagué

Tu pensais devenir le Robert Venturi français mais en fait, t’es le Karl Lagerfeld de l’architecture, après Maison Karl Lagerfeld pour H&M, Maison Edouard François pour HLM. A l’image du couturier allemand, ton égo a pris le dessus sur tes projets. Tu colles ton visage partout (ci-contre Fouquet’s Barrière et toi en tag dans un parking, ou encore silhouette découpée dans B2B2SP, et tu n’as pas pu faire graver ton visage en médaillon sur les cheminées des halls du projet de Champigny). Sérieusement, Edouard un peu d’humilité ne te ferait pas de mal, non? Tu ne voudrais pas vraiment finir par ressembler à Karl Lagerfeld?

En fait, ton problème, c’est que tu as le cul entre deux chaises, tu enchaînes le social et le luxe, t’aimes bien les pauvres parce que ça permet de la publicité dessus mais c’est le luxe qui rapporte le pognon. Ça c’est le premier point, qui pour un mec de gauche n’est pas terrible. Et le deuxième point vient d’un groupe de rap Scred Connexion qui avait comme slogan « Jamais dans la tendance mais toujours dans la bonne direction », j’ai un peu l’impression Edouard que ton slogan à toi, c’est : toujours dans la tendance mais jamais dans la bonne direction.

Finalement, ce n’est pas tant tes projets que je critique mais plutôt l’image que tu renvoies de l’architecte et par conséquent de l’architecture. A l’instar de tes confrères médiatiques (Jean Nouvel, Rudy Ricciotti, etc…), tu pratiques mieux ta communication que ton dessin mais derrière le discours, il y’a des gens qui vivent dans tes logements et je préférerais que ceux-ci soient dessinés par des architectes que marketés par des gens de la culture ou de la mode qui travaillent pour toi comme tu l’expliquais dans un portait de Libération en 2008. Dans cette même interview, tu expliquais: « J’aime les gens, je retourne dans mes bâtiments pour voir si les habitants sont contents de vivre dans mon truc. » Alors chiche, on retourne tous les deux dans 5 ans à Champigny-sur-Marne et si les gens ne sont pas contents, ce sera: poutre, corde, tabouret.

Pour se marrer, une petite parodie de présentation du projet « Love table » :

PS: Je sais que depuis que mon blog est un peu lu, on me taxe d’envieux, de jaloux, de frustré ou encore d’aigri. Que dalle ! Je suis juste un diplôme en architecture politisé, conscientisé qui sous-entend dans sa critique architecturale une critique libérale de la production architecturale française.

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32 réflexions sur “Faut-il pendre Edouard François?

  1. Pardon, Jérôme, mais il semble que cet article ait loupé la case « relecture » (beaucoup trop de fautes !). Dommage car le propos est intéressant, même si je ne partage pas totalement le point de vue. A défaut de « beauté », le projet ne manque pas de pertinence, malgré la suffisance infecte qui se dégage de son promoteur.
    Il a le mérite de s’extraire des typologies bidon, dans le genre plot. Finalement, la partie la plus ratée est sans doute celle des maisons de ville, architecture banale des années 2000, qui plombe le rez-de-chaussée. J’aurais préféré un supermarché, une boulangerie et un café.

    • Le billet a pourtant été relu. Désolé. Il doit y avoir des virgules en trop d’un côté et pas assez de l’autre. Sûrement.
      Sur la pertinence du projet, je pense malheureusement que nous ne sommes ici que dans un projet de façade. C’est la même structure béton avec différents revêtements. Une image pas plus.
      Si les plans étaient au moins pertinents…

      • J’ai longtemps habiter à Champigny et certains de mes amis aux mordacs. Je suis heureux de lire ce post qui me fait découvrir cet « architecte » (on s’était tjrs demandé qui pouvait être assez dingo pour imaginer une merde pareille…)

        ps: inutile qu’il revienne visiter son œuvre.

  2. je retrouve ici ce que j’entendais un peu à table samedi, et bien bravo !!!
    je le trouve très juste, et je suis choquée par ce genre de figure qui chie à la gueule de l’habitabilité et de la qualité de vie…

  3. Ce discours creux qui ne veut que justifier un geste racoleur… dans une revue on aurait pas pris le temps de lire… Merci d’avoir pris le temps de baver sur ce projet… Mais je pense que c’est du temps perdu…

  4. Monsieur l’Abeille,
    Plutôt que de butiner sur le dos d’Edouard François, ses origines sociales et maritales, apprenez plutôt à utiliser le miel pour nourrir vos aigreur!
    Là où vous voyez « ces pavillons (qui) suspendent les locataires (propriétaires) à un avenir incertain alors qu’ils ne souhaitent qu’avoir les pieds sur terre », j’y vois un penthouse social avec la possibilité de terrasses jardins avec vue imprenable sur la ville … une ascension sociale, en quelques sortes… regardez-y de plus près … Edouard François avec ses projets Eden Bio ou La Closeraie a sûrement livré les opérations de logements sociaux les plus intéressantes de ces dernières décennies… Avec une vraie réflexion sur ce qu’est le parcours jusqu’à chez soit ou la distinction de son appartement au sein d’un tout. Alors certes, celui-ci, ce n’est pas » l’immeuble qui pousse » mais plutôt celui qui « pousse Mémé un peu trop fort dans les orties », mais la surprise de cet amoncellement-iconographique- des -models -d’habitats-sociaux passée (Edouard François, le spécialiste du grand détournement) je pense que le petit Kevin préfèrera toujours répondre à la question  » et ton appartemement, c’est lequel » , par:  » bah c’est l’appartement au dessus de la maison en cuivre aligné avec le pavillon du toit, plutôt que « bah c’est l’appartement C53 de la cage M renommée « hortensia » par la société HLM l’année dernière.
    A ceux qui auraient déjà acheté la corde pour pendre Môssieur François: je veux bien vous la racheter pour lui tricoter un beau slip et lui offrir: avec un renfort spécial au niveau des c¨¨¨¨les: parce qu’il en a!

    • Monsieur Patate,

      Point d’aigreur chez moi, que l’analyse de données disponibles sur le net. Je ne suis pas journaliste d’investigation. Tout ce que je dis, il l’a dit avant. Ce n’est quand même pas de ma faute. Ce blog a pour but d’apporter une critique politique qui reste mon seul avis (vraisemblablement partagé, vu le nombre de retour positif) et non une vérité absolue. Libre à chacun d’être d’accord ou pas avec mon travail d’écriture.
      S’il faut reconnaître à Edouard François d’avoir ouvert le champ des possibles dans le logement social (et je suis gentil), je ne peux regretter que cela ne soit que du point du vue formel , graphique, esthétique et non sur un travail moins communicable qu’est le plan, la coupe, les espaces. D’ailleurs, ne les voit-on pas sur son site (comme sur le vôtre)? Dommage, l’analyse des plans renseigne beaucoup sur l’architecte.
      Non parce que le petit Kevin quand il rentrera dans « l’appartement au dessus de la maison en cuivre aligné avec le pavillon du toit » et qu’on lui demandera où est sa chambre, il répondra: « C’est celle qui est à côté de la cuisine et qui sent le graillon ». Pauvre petit Kevin.
      On a dit qu’on attendait 5 ans avant de retourner à Champigny pour exécuter ou non la sentence alors vous pourrez attendre encore un peu avant de vous mettre au tricot même si en regardant vos projets, je ne doute pas de votre savoir-faire.

      • Monsieur L’Abeille.
        Je suis content que vos investigations vous aient conduit à découvrir mon identité: vous remarquerez que je ne m’en suis pas vraiment caché.
        Si la lecture de vos propos :
        « On te retrouve là en 1998 à Montpellier avec un projet de logement à quasiment 5 millions d’euros par un promoteur privé. T’as vraiment de la chance, ce n’est pas à moi que ça arriverait ce genre de truc. »(sic)
        m’a fait croire en votre aigreur et vous a valu de recevoir de ma part le conseil de l’adoucissement de vos heurts par le miel, vous voudrez bien excuser ma méprise, si incompréhension de votre second degré il y eut. Je dis bien « si ».
        Je suis toutefois bien content que mes propos aient pu retenir votre attention et susciter ce tel revirement de considération (malgré la nuance) par la reconnaissance de l’ouverture du champ des possibles dans le domaine du logement social par le pourtant présumé coupable et futur pendu, Edouard François.
        Je continue pour ma part à être en désaccord avec votre analyse réductrice de son travail : à savoir le seul côté  » formel , graphique, esthétique  » que vous daignez lui concéder.
        Je n’ai malheureusement pas encore eu la chance ( ou la malchance, selon vous) de mettre les pieds dans « du » Edouard François. Cependant, au gré des publications sur son travail, au gré de conférences, explorations wébiennes, mon humble oeil critique a su apprécier l’énergie (car il en faut) que l’architecte dépense sur chacun de ses projets pour innover en terme de lien social (le rôle primordial de la desserte avec une qualité toujours particulière accordée aux coursives éclairées, associées à des usages particuliers, aux espaces d’appropriation par les habitants, aux espaces mutualisés) qui ne sont en aucun cas des éléments de communications, mais bien des « dons », pour moi, militants car si rares, et qui sont à chaque coup le gage de la réussite d’une opération. C’est dans ces  » à-côté » qu’est le grand plus d’Edouard François. Alors certes, comme vous, je n’ai pu essayer de « valider » son travail par l’analyse des plans d’appartements… Et alors?! Pensez-vous vraiment qu’ils soient pires que ce qui est fait ailleurs, mais là sans les plus qu’il sait, lui, donner aux projets. Si à côté de ça, il y a une recherche « formelle, esthétique ou graphique », peut-on vraiment lui reprocher d’avoir donné de son énergie pour sortir du carcan des canons de l’architecture générique représentant 90% de la production actuelle?! DOIT-ON VRAIMENT CONTINUER A BOUDER NOTRE PLAISIR QUAND LA RECHERCHE ESTHETIQUE N’EST AU DETRIMENT DE RIEN MAIS FAIT PARTIE DE LA QUALITÉ D’UN TOUT?! PEUT-ON A CE POINT DETESTER LE BONHEUR, MONSIEUR L’ABEILLE ?! Mhmm?
        Si l’on doit ériger des échafauds pour les architectes, on peut commencer à dresser une liste… j’aurai moi-même pléthore de noms à vous fournir… mais de grâce, choisissez mieux vos cibles… Parce que si on finit par pendre Monsieur Edouard François, j’ai bien peur qu’il ne faille passer par la corde 99 % du reste de la profession….
        Allez… vous m’excuserez, mais j’ai un slip à finir….
        Veuillez cependant croire, Monsieur l’Abeille, à tous mes souhaits d’Happy-Culture!

      • Monsieur Patate,

        Sur le premier point, vous avez bien compris que j’usais fréquemment soit du second degré soit de la mauvaise foi.
        Sur le deuxième point, plus important, j’ai quelques avis différents:
        1- Je pense que le mot « appropriations » – à la mode chez les architectes – est le la tarte à la crème des années 2000-2010 des architectes incapables de créer des espaces. Il suffit pour cela de voir la différence entre l’espace intérieur (https://labeilleetlarchitecte.files.wordpress.com/2013/03/appartement-hlm-collage-urbain-champigny.jpg) et l’espace extérieur (http://www.archdaily.com/294840/urban-collage-edouard-francois/50a695aeb3fc4b2fc0000076_urban-collage-edouard-fran-ois_12-_collage_urbainpaul_raftery-jpg/) La petitesse des fenêtres, les cuisines en fond de séjour, les couloirs perdus derrières les cuisines… je pourrais en dire beaucoup sur la « générosité ».
        La soi-disant volonté de sortir des carcans masquent tout juste l’inanité des plans. Le pas de côté ne vaut que s’il l’on sait déjà marcher droit. Je suis donc bien d’accord avec vous quand vous dites: « QUAND LA RECHERCHE ESTHÉTIQUE N’EST AU DÉTRIMENT DE RIEN MAIS FAIT PARTIE DE LA QUALITÉ D’UN TOUT » sauf que ce n’est pas le cas sur ce projet.
        Personnellement, je me fous d’Edouard François et sa fictive pendaison (la base de cette série d’articles étant le livre de Trétiack « Faut-il pendre les architectes? »), je constate juste un décalage entre qualité et communication. Je connais des petites agences qui n’ont ni les moyens ni le temps de mettre en place un service communication avec photographe professionnel et qui tous les jours se battent pour faire de l’architecture de qualité sans vouloir à tout prix soit sortir du lot ou formellement dépasser les limites de ce qu’Orwell appelait la common decency.
        Fournissez-moi votre liste, j’y trouverais peut-être les prochains coupables.

        Le comité de salut public branche architecture.

  5. Cher Monsieur L’Abeille
    allez, derniers commentaires car je n’aime pas ne pas avoir le dernier mot (même si je sais pertinemment que mes tentatives de « conversion » à la cause d’Edouard François resteront vaines) (vous devez au moins être aussi têtu que moi) :
    Il y a quand même des choses que je ne peux vous laisser écrire sans réagir!
    Lorsque vous montrez ça: https://labeilleetlarchitecte.files.wordpress.com/2013/03/appartement-hlm-collage-urbain-champigny.jpg
    et commentez « la petitesse des fenêtres », il ne faut quand même pas oublier que le photographe a une porte fenêtre dans le dos! http://projets-architecte-urbanisme.fr/images-archi/2012/12/maison-paris-habitat-champigny-marne.jpg
    Ensuite, pour « les cuisines en fond de séjour » (visibles sur ce plan : http://s3.amazonaws.com/europaconcorsi/project_images/3713729/Champigny_Plan-RDC3_full.jpg ) , vous lui accorderez qu’il ne le fait que sur les T2, dont les dimensions dans le logement social doivent avoisiner les 45 m² pour assurer un loyer décent à ses locataires : donc cuisine fermée avec règlementation PMR = au détriment des autres pièces de vie! Il s’agit là quand même de T2 traversants!
    Pour « les couloirs perdus derrières les cuisines » des T3 du même plan, j’y vois là un meuble cuisine (peut-être fermable) au milieu d’une belle pièce de vie traversante elle encore, laissant la possiblité d’un coin salle à manger fonctionnel ( pas de place à perdre, je vous l’accorde volontiers) dans ce que vous appelez « le couloir  » tout en conservant suffisamment d’espaces pour le salon dans le large reste de la pièce.
    Rien de bien révolutionnaire, vous me direz, mais pas grand chose d’attaquable, ou du moins « qui ne marche pas droit », au point de venir gâcher l’originalité du projet, les « à-côté » ou « tarte à la crème » en fonction des points de vue, ceux-ci continuant de fournir du plus à l’habitant et à la qualité du vivre-ensemble.
    Tous ces contre-arguments n’ont pas grand sens, je vous l’accorde bien volontiers… l’interprétation d’un projet architectural n’est bien entendu pas binaire…Vous diriez noir que je pourrais dire blanc ou gris et inversement, ceci indéfiniment.
    Ah si quand même: j’en vois un de sens : venir nuancer le caractère péremptoire de votre discours.
    Je raccroche mon clavier… J’ai d’ailleurs fini mon tricot… il est réussi.

    Le comité de salut architectural branche privée.

    • Il suffit de regarde le plan et les vues ici https://labeilleetlarchitecte.files.wordpress.com/2013/03/champigny-vues2.jpg on voit que la baie vitrée est sur la cuisine et non le séjour qui n’a pas de lumième et qui sert de distribution à deux chambres. Obliger de passer dans le salon pour aller pisser, pas terrible pour le petit Kevin.
      Pour les T2, en supprimant la bande PMR de 1,50m, les séjours sont très petits…
      Pour les T3, c’est de bien de voir les choses mais les locataires de logements sociaux n’ont pas les moyens d’aménager leurs logements tels que les architectes le prévoyaient. Il suffit pour cela de retourner sur place, ce que je fais.
      Rien de révolutionnaire, non, rien d’attaquable si. Vous voyez du plus que je ne vois nul part. Quand au vivre-ensemble, en voilà, là encore un mot tarte à la crème tant il a été galvaudé.
      Etre clivant, tel est l’objet de ce blog, tant d’un point de vue politique qu’architectural sans quoi nous ne serions pas en train de discuter.

      Maximilien de Robespierre

      • Vous alors, vous ne vous arrêtez jamais de cliver alors… Votre mauvaise foi dont vous vous targuez n’est décidément pas une légende!
        Pour les pavillons penthouse, il s’agit là du seul dans cette configuration! http://i1308.photobucket.com/albums/s617/OlivierPdTcommePatate/PFsurPenthouses_zps8d9383b8.jpg
        Ne faites donc pas de cette exception une généralité appliquée à l’opération!
        Pour ce qui est du petit Kevin et de ses envies nocturnes, il occupera sûrement une des 2 chambres du coin nuit: il n’est pas rare pour un T4 de voir une des chambres commandée par le séjour pour éventuellement être utilisée comme bureau.
        Pour ce qui est des « + » que vous ne semblez pas voir: 1/ Tous les logements sont traversants
        2/ les surfaces, notamment les pièces de vie semblent plus que correctes.
        3/ Prestations de qualité pour du logement social: chauffage à eau chaude, ( réseaux urbains? j’ai lu géothermie), volets extérieurs, parquets, vêtures pérennes des maisons de ville,etc…
        4/ Larges coursives extérieures en bois, vecteurs du VIVRE-ENSEMBLE (malgré le galvaudage de ce terme, je continue à y croire, ne vous en déplaise) à comparer avec de longs couloirs intérieurs ou des paliers aveugles, ça donne quand même un peu plus envie de parler à son voisin!

        5/ Les espaces extérieurs ont l’air généreux….

        Mais ne vous méprenez, vous ne me Terrorisez pas, Monsieur L’AbeillesPierre: j’apprécie votre blog que j’ai découvert grâce à vos Gérard!
        Et vous comprendrez que votre ton cinglant et clivant m’amuse… sinon je n’y reviendrais pas:
        VOUS VOUS ETES JUSTE TROMPÉ DE CIBLE, mais ce n’est pas grave!

      • Désolé, j’avais pas vu:
        1-Logements traversants : WAOUH – mais dommage qu’une fois les séjours soient au Nord une fois au SUD, cohérence?
        2-Les surfaces des bailleurs sont normées à plus ou moins 5%. Pas de quoi se féliciter.
        3- Prestations de qualités: volets extérieurs, waouh. chauffage à eau chaude: whaouh mais Fenêtres PVC: pas terrible non? enduit bas de gamme au dessus des maisons: pas terrible, non plus…
        4-Arrêter de croire que les gens sont tous amis et copains et de fantasmer sur le vivre ensemble. Lisez un peu de sociologie et regardez le monde tel qu’il est et pas tel que vous le rêvez.
        5-C’est quand même hyper dense et je ne vois pas beaucoup d’espaces verts au profit des terrasses, certes.

        Et, vu les commentaires que je reçois et ceux que je lis sur les différents sites parlant de ce projet, j’ai l’impression d’avoir mis le doigt sur un truc mais vous constaterez que mon billet ne parlait que de ce projet mais bien d’Edouard François et de sa façon de faire / communiquer de l’architecture. Un sujet plus vaste.

        Aussi, vous invite-je à lire CONTRE L’ARCHITECTURE de Franco La Cecla : ici > http://www.arlea.fr/Contre-l-architecture

  6. A l’evidence Edouard Francois dés le début du film de présentation se tue indéniablement : « je », « j’aime », »je me suis mis à aimé », »je », »j’aime », »je me suis mis à aimé ».
    Un architecte c’est pas ça!

  7. Bravo pour cet article! Contente de voir voir qu’il y a encore des confrères qui n’ont pas abandonné la critique architecturale, qui parlent de dignité et de devoir envers la société, qui apprécient l’espace et non pas l’emballage! Parce que oui, nous en avons assez des « architectes » comme Monsieur François et des projets comme celui-là, qui est une honte pour la profession! Je ne peux arrêter de m’étonner qu’il y a d’aussi fervents défenseur comme Olivier P.D.T et avec des arguments pareils « ce n’est pas pire que ce qui se fait ailleurs » Certes , c’est pas pire que ce qui se fait ailleurs (quoique), mais pas pire, c’est toujours pas bien! ET pas bien c’est un mot faible face à l’arrogance de ce projet, à son concept plat, à sa pauvreté architecturale, spatiale! Et encore pire, parce que après on vient nous expliquer que c’est vachement bien, voyez-vous, et si on est pas d’accord, on nous dit qu’on est aigri! Non, on est pas aigri, on refuse juste de devenir aveugles, branchés, consentants et vendus!
    Mais, ne vous inquiétez pas monsieur Olivier Pomme de terre, si vous défendez Edouard François et son architecture, je suppose que la votre lui ressemble, et vous pouvez être rassuré – car c’est vous qui serez certainement exposé au Pavillon de l’Arsenal où vous vous sentirez entre égaux au milieu de cette magnifique « architecture » conceptuelle,et commerciale, vert pomme et verre sérigraphié ! Juste dommage car votre âme d’architecte se serait égaré (ou vendu) en route, mais son absence, de toute façon vous ne l’aurez pas ressentie!

    • mouai on A t écouter on à qu’à tous faire des maisons classiques les gens ne peuvent pas être plus content que dans un pavillon , dixit la France entière sauf les artistes à fustiger ou les architectes mais ce que tu sais c’est ce que l’on a bien voulu t apprendre , le micro monde de l entre soi parigo n est la uniquement pour toi

      • Euh, parce que pour toi il n’y a que deux choix – l’architecture French touch, NAJA & Pavillon de l’Arsenal disons en gros (parce que pour moi ça revient au même) et ce que tu appelles des maisons classiques?! Classiques, tu es sûr(e) du terme? Tu sais ce que cela veut dire en architecture ou tu as besoin d’un petit cours d’histoire?
        Ou bien tu appelles classique tout ce qui est pas dans le gros lot du premier groupe énuméré? La palette de l’architecture contemporaine est beaucoup plus vaste que juste ces 2 choix-là. Je te rappelle qu’ici est défendue (me semble-t-il) l’architecture de qualité qui est honnête et qui effectue une recherche spatiale qui va au-delà du « concept marrant » et « coloré » que nous offrent 50% des architectes aujourd’hui (30% font de l’architecture tout à fait quelconque de supermarché et 20% de l’architecture de qualité et encore je suis gentille) Il n’est donc point question de style! Et est-tu sûr(e) que si les gens avaient le choix ils prendraient les logements d’Edouard François? Tu veux y vivre toi dans le « pavillon » ridiculement perché sur le toit de la barre? Vraiment?

    • Mademoiselle Elena, (ou Madame, c’est selon)
      Je suis bien heureux que vous veniez commenter enfin ce sujet et que vous me preniez à partie… je commençais à croire que tous les efforts que j’avais fourni pour venir nourrir (pourrir ?!) la polémique intrinsèque de ce blog n’intéressaient que Monsieur l’Abeille et mon humble personne.
      J’ai enfin l’occasion de lire un de ces nombreux « commentaires que (L’Abeille) reçoi(t) »… je trouvais qu’ils se faisaient rares.
      Je déplore toutefois que vous n’ayez pas tout à fait compris le ton « goguenard » que j’employais dans mes commentaires et tous les efforts et la mauvaise fois que je mettais en œuvre pour venir perdre quelques dizaines de minutes à venir me faire l’avocat du diable.
      Ce que je déplore dans cet article n’est pas vraiment le fond… Si Edouard François est effectivement allé dire ce qui est relaté et nourri avec source à l’appui : « la confiture à des cochons », est bien entendu, même sur le ton de l’ironie -dont Edouard François ne manque pas- une ignominie que je ne peux en aucun cas cautionner… Sur l’Echafaud, il devrait en répondre. J’ai aussi moi-même concédé, et vous me l’accorderez, le caractère un tant soit peu « trop » de ce projet, par les termes : « ce n’est pas « l’immeuble qui pousse » mais plutôt celui qui « pousse Mémé un peu trop fort dans les orties »
      Non, ce que je suis venu nuancer dans cet article, c’est bien la critique architecturale et l’exemple de ce projet qui en est fait pour venir nourrir un propos tout à fait péremptoire…
      La trame de cet article est simple et syllogistique : Cette opération à Champigny-sur-Marne est un conglomérat de clichés bas de gamme du logement social , hors, Edouard François chie sur les habitants de logements sociaux ( la preuve : ce n’est qu’un nanti voire qu’un pourri de riche) donc cette opération est à chier ! ( et Edouard François aussi par syllogisme inversé rotatif puissance -1 boomeranguée à tendance miroiresque)
      Je me suis donc dit : « Olivier ! ma P’tite Patate, (vous aurez compris que ce n’est pas mon vrai nom, vous excuserez toutefois cette interjection familière qui ne m’est que simplement destinée ! ) Tu connais un tant soit peu la production d’Edouard François et certains de ces projets, notamment à caractère sociaux (La Closeraie ou Eden Bio m’ont toujours plus intéressé que le Fouquet’s) sont pour toi exemplaires car la recherche de l’esthétique et des clichés de l’archi branchouille n’y sont pas alors que la qualité de l’opération est indégnable : tu ne peux donc quand même pas laisser dire ça : d’autant qu’il suffit d’un grain de sable dans le raisonnement et tout est en branle »… Ainsi , si cette opération de logements peut être vue comme une opération de qualité, ou du moins, si l’on peut concéder certaines qualités à cette opération : peut-être qu’Edouard François n’est pas le dernier des architectes à mettre au pilori et que la médiocrité architecturale visible dont vous faites un bon gros sac (French Touch, Pavillon de l’Arsenal, Naja, etc…) ou celle que vous oubliez allègrement : moins visible ( Architectes de merde roulant en Porsche Cayenne visant la rentabilité dans le copié-collé de ce qu’ils nomment plus souvent des « cellules » que des appartements – ça veut tout dire -) n’est pas QUE le fruit d’un « vert pomme » ou d’une « sérigraphie de verre ». Le jugement, avec ou sans ces artifices va bien entendu au-delà de ça !
      Croix de bois, croix de laine, croix de fer, allons délivrer Jerusalem, ou tout du moins partons défendre un architecte qui certes n’est pas un modèle de représentabilité de la dignité dans ses propos, mais à qui on peut quand même concéder la reconnaissance des efforts qu’il met, peut-être parfois maladroits, certes, mais tout du moins existants, à produire une architecture contre la banalité et la médiocrité (esthétique ET spatiale, ne vous en déplaise)
      Aussi, je vous remercie bien bas de vous soucier de mon Âme. Elle va très bien : ma conscience de même ! Sans connaître mon travail et celui dans l’agence dans laquelle j’officie chaque jour, je trouve cela un tant soit peu présomptueux. Je vous encourage donc : premièrement à me relire et bien comprendre mes propos notamment quant à l’ « aigreur ». Deuxièmement, à partager un peu de miel avec Monsieur l’Abeille, tant je n’arrive à penser que votre douce agressivité ne soit empreinte de subjectivité.
      Aussi, je vous prie de recevoir, Madame El-Laine-A, tous mes conseils de non panurgisme et de croire à votre tour, à tous mes souhaits d’Happy-Culture. (Apiculture, pour ceux qui n’auraient saisi l’occurrence du premier jeu de mot).

      • comment faites vous pour jouer des coudes avec votre tête ? style ampoule pas de véracité mais du moi je sais que , vous etes bien les meilleurs client de ce que vous essayez de denoncer

  8. A Elena : peut-on débattre sans agressivité et jugement hâtif, sans insulter les personnes qui voient différemment de vous ? Vous écrivez, en toute mesure, que ce projet est « une honte pour la profession », mais pourriez-vous concevoir un instant ne pas saisir l’essence de ce projet et supposer, que vous vous limitez à ce que vous nommez « l’emballage » ? A première vue je trouve assez épouvantable ce projet à Champigny-sur-Marne, qui pourrait, selon moi, trouver sa place sous la forme d’une performance, une intervention artistique éphémère, au Frac, car il raconte quelque chose, de déjà vu, certes. Toutefois, tout objet mérite souvent bien plus qu’une lecture unique, et je trouve intéressants dans ce débat tous les éléments apportés par chacun, et constate après observation de ceux-ci qu’à part quelques exceptions, l’espace conçu et les matériaux proposés ne desservent en aucun cas la dignité de ses occupants. Je trouve dangereux de résumer une vision et une intention architecturale à un projet, il y a ce Collage urbain qui divise (et tant mieux), puis il y a l’Eden bio, les Jardins d’Anfa et bien d’autres projets qui traduisent la volonté de l’architecte de se réinventer. Après le personnage est ce qu’il est, du moins ce qu’il se crée. La maison Edouard François est un autre monde, ou peut-être une farce qui se veut comme telle, qui sait ? Merci pour ce débat.

  9. Bravo pour cet article croustillant d’humour et d’intelligence. J’ai personnellement eu l’occasion d’échanger quelques mots avec cet architecte au pied de son œuvre et il m’a fait une impression du plus mauvais effet. Quand à son œuvre qui m’a plongé qui m’a laissé personnellement perplexe, je n’ai trouvé aucun habitant de la cité des Mordacs pour en dire du bien qu’il s’agisse d’esthétique comme de fonctionnalité.

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