Le sens des priorités pour le sens du peuple.


Liberte-egalite-fraternite-01

Nul ne sait ce qu’est la gauche populaire, pas même nous. Nous n’en avons pas le monopole, nous n’en sommes pas les gardiens du temple, nous ne nous dresserons pas, demain, et même si certains noms nous font rire, devant ceux qui s’en réclament en leur demandant : « d’où tu parles, Camarades ! ». Nous laissons à d’autres, prompts à brandir une gauche morale cache-sexe d’une pensée molle, le douteux privilège de demander des têtes.

La Gauche populaire dont nous nous revendiquons est née d’un livre « Plaidoyer pour une gauche populaire » qui prétendait, théorie iconoclaste ô combien, que la gauche devait, d’abord, s’intéresser au peuple. Elus, intellectuels, militants et citoyens de gauche, tous ceux qui se reconnaissent dans cette démarché ont été, sont et seront les bienvenus, quelles que soient leurs sensibilités sur d’autres sujets. La Gauche Pop’ aujourd’hui, c’est un blog et un portail, des blogs personnels, des soirées au café, des nuits de débats entre ceux qui refusent de laisser à la droite l’usage de mots qu’elle abîme depuis qu’elle ne les combat plus : Nation, laïcité, République.

Lundi 17 décembre, quinze élus se revendiquant de la Gauche Populaire ont écrit au chef de l’Etat. Crime majeur, ils demandaient qu’on remette l’agenda économique et social en tête des priorités du Gouvernement. Ils demandaient que soient tenus, et vite, des engagements tout aussi essentiels que les engagements 31 et le non-cumul des mandats, la loi de séparation entre les activités de dépôt et les activités spéculatives des banques, la loi contre les licenciements boursiers, la grande réforme fiscale…

Il n’en a pas fallu plus pour qu’ils se voient taxés d’homophobie larvée, de racisme déguisé, de CERES moderne plus à droite que son prédécesseur, demain, de vipères lubriques et de pétainisme « light ».

Ces procès germano-moscovites intentés par des libéraux-libertaires qui, derrière la défense des droits, visent à un monopole de leur position de classe, nous ne les acceptons pas. Et nous dénions à quiconque le droit de remettre en cause notre appartenance à la gauche, appartenance souvent familiale, souvent ancienne, tripale, et qui nous fonde.

La crainte que nous exprimons est simple. Le monde capitaliste et dérégulé auquel nous nous affrontons est organisé, il est fort, il a déjà, par le passé et ailleurs, fait plier des gouvernements sociaux-démocrates. Après le Pacte de Compétitivité, nous ne voulons pas que les grandes lois sociétales, importantes et que nous soutenons, soient les sept voiles jetés sur l’abandon de l’action politique, économique et sociale envers les plus démunis. La gauche, c’est comme la démocratie : du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Alors oui, disons-le une bonne fois et que chacun l’entende, nous sommes pour le mariage homosexuel et pour l’adoption par les couples homosexuels. Comme d’autres dans la société, nous sommes traversés de débats sur la Procréation Médicalement Assistée et contre la Gestation Pour Autrui, débats que nous ne pensons pas pouvoir être tranchés par le mépris de classe qui consiste à affirmer à l’emporte pièce que l’on peut louer des ventres comme on loue des bras. Car si nous voulons réintégrer les classes populaires à la République, c’est aussi que nous voulons défendre la personne contre l’ordre du tout marchand.

Tandis que le Parti socialiste pétitionne, dehors il fait froid. Les plans sociaux hérités de la droite, la hausse du chômage, la précarisation des travailleurs pauvres, ces questions là, qui les traite ?

Le peuple dans toute sa diversité, a subi dix années de régression sociale majeure. Il aspire au progrès, à la protection et à l’emploi. Ce sont les bases pour reconstruire la France. Et la gauche n’a pas d’autre mission.

Les socialistes ont combattu l’ignoble débat sur l’identité nationale avec raison. Ils ont su pointer qu’il détournait les citoyens des vraies questions, de la crise et de la nécessaire régulation du capitalisme. Leur responsabilité historique, ils ne l’éviteront pas avec les mêmes artifices.

La gauche, la gauche républicaine et laïque, doit renouer avec le peuple. Elle doit prendre son marteau et son burin pour graver de nouveau, et partout, les mots « Liberté, Egalité, Fraternité ». Nous les voulons sur les écoles, les mairies, la Bourse et dans les esprits. C’est notre patrimoine et notre horizon. Notre gauche, celle à laquelle nous aspirons, est celle des travailleurs pauvres et des exclus, celle de ceux qui souffrent et de ceux qui veulent s’en sortir, celle des centres-villes et des cités, celle des ruraux oubliés et des péri-urbains délaissés. Là voilà, notre France, la voilà, notre gauche.

On nous dit qu’elle est populaire. Quel joli mot !

Auteurs:

Yannick Cahuzac, Arthur Colin, Jérôme-Olivier Delb, , Nicolas Lebourg, Guillaume Lelong, Frederic Menager-Aranyi et Vincent Monadé.

2 réflexions sur “Le sens des priorités pour le sens du peuple.

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