Civitas, dissolution?


Sans même cliquer sur le site du groupuscule CIVITAS, les quelques lignes  introductives du site depuis google nous indiquent que ce « mouvement dont le but est la restauration de la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ. » Avant de se poser toutes les autres questions suite aux agressions dont ont été  victimes les Femen et Caroline Fourest, on peut se demander comment la préfecture de police de Paris a-t-elle autorisé ce groupuscule clairement anti-républicain à manifester librement dans les rues ce dimanche. (Jour du seigneur qui plus est, amen). Au nom de quoi, devrais-je accepter que mes impôts servent à payer la police républicaine qu’ils souhaitent détruire? J’aimerais que l’on m’explique. Monsieur le ministre de l’Intérieur, si vous me lisez… Avant de rentrer dans le vif du sujet:

Petit exercice de politique fiction:
  • Imaginez une seule seconde la tête des parisiens si 9000 frères musulmans avaient foulé le sol parisien ce dimanche.
  • Imaginez la une des journaux de TF1 et de France 2 si quelques dizaines d’individus (barbus évidemment) avaient violemment agressé des militantes féministes et des journalistes…
  • Imaginez la déferlante de haine que nous aurions eu à subir de la part de Copé, Le Pen et compagnie…
  • Imaginez maintenant des imams barbus priant dans la rue à la fin de la manifestation.

Remplacez maintenant frère musulmans par membres de Civitas, barbus et voiles par cheveux rasés et serre-têtes et Allah Akbar par Seigneur Jésus… et voilà vous y êtes: Une bonne manif’ de droite catho-intégriste, qui sous couvert de débat sur le mariage pour tous, nous livre de l’homophobie brute de décoffrage. Chauffés par le vin de messe tiède et les hosties frelatées, les quelques membres du service d’ordre de Civitas (à la fois frustrés et excités à la vue de paires de seins) ont jugé bon de courser puis lyncher à terre les militantes féministes de Femen ainsi que la journaliste Caroline Fourest venues contre-manifester pacifiquement.  Evidemment, Alain Escada le boss de Civitas a tout de suite démenti en expliquant que si Caroline Fourest s’était faite agresser, c’est qu’elle l’avait bien cherché. C’est comme pour le viol, hein, fils de p…

« Y’a pas d’ovules dans les testicules »

Suite à ces agressions, les réactions se multiplient. Petits florilèges:

A l’extrême-droite, la finesse et l’élégance: 

A gauche, le rappel juste: 

A l’autre gauche, la surprise:

Je dis la surprise car d’habitude, les petits copains diversitaires sont plus prompts à user des mêmes méthodes que leurs copains identitaires. Ici et ici.

Et la plus courante, la dissolution:

Dissolution de Civitas?

Ma première réaction a été, comme mes amis députés, de demander (espérer) la dissolution de Civitas. Facile, pas cher, on règle le problème avec un petit décret et hop le tour est joué. Un coup de balai sous le tapis vite fait bien fait. Un petit tweet et un petit statut facebook: c’est bon je peux aller me coucher, je suis un bon militant. Force est de constater qu’autour de moi, des fafologues et autres militants m’ont quelque peu refroidi. La dissolution d’un tel groupe ne résoudrait aucun problème: ni sur le fond (sans combat idéologique et politique leurs idées gangrèneront toujours la société) ni sur la forme (dans moins de six mois, ils se reformeront avec un autre nom).  Que faire alors? Rien, surement pas. Comme le recommande Stéphane François: « A une dissolution de groupuscules, il est préférable des peines de prison, ou, plus efficace, faire payer aux personnes physiques des amendes très élevées : l’attaque du porte-feuille fonctionne toujours. En effet, il s’agissait de la méthode, sous la Restauration, la monarchie de Juillet et le Second empire, pour museler avec succès la presse républicaine: les titres disparaissaient, les personnes se censuraient, incapables de faire face aux cumuls des amendes très élevées«   ou encore une autre amie: « La réponse pénale est excellente à condition qu’elle soit adressée aux personnes physiques, et non aux personnes morales qui ne sont que des écrans. La réponse militante et de terrain, individuelle, n’exclut pas la réponse fondamentalement sociale, collective et hautement symbolique de la justice pénale. » La tâche est donc plus complexe qu’il n’y paraît. Une simple dissolution ne résoudra rien. Bien au contraire, elle permettra une nouvelle fois à ces groupuscules de se faire de la publicité gratuitement et d’attirer de nouvelles recrues. Le combat culturel et politique ne fait que commencer. Au Bourget, le futur président Hollande avait dit:  « A tous ceux-là, des délinquants financiers aux fraudeurs, aux petits caïds, je les avertis: ceux qui ont pu croire que la loi ne les concernait pas, le prochain président les prévient: la République vous rattrapera ». On aimerait qu’il agisse aussi face aux ennemis de la laïcité et de la République.

Des images de l’agression ici.

Publicités

2 réflexions sur “Civitas, dissolution?

  1. Et pourquoi pas imaginer un petit mixe des deux? Dissolution plus fortes amendes à tout ces anti républicains, et même anti droits de l’Homme. Il y a trop longtemps que civitas vomit sa haine sur ceux qui n’aspirent qua vivre en paix.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s