Toulouse ou to lose: du social et du sociétal.


Après Laurent Bouvet mettant en garde le gouvernement sur le risque Zapateriste, après Françoise Fressoz du Monde reprenant par deux fois cette thématique, après Martine Aubry ce week-end à Toulouse ordonnant les priorités «l’emploi, le pouvoir d’achat, le droit à a la santé, à l’éducation, au logement», c’est au tour de Chevènement ce matin sur Radio Classique de réaffirmer que : «La priorité est aux questions économiques et sociales. Les questions sociétales peuvent attendre». Au lendemain du congrès du PS, seuls les mots du Che ont trouvé écho (bah oui quand c’est Martine, c’est pas pareil). « Les mêmes arguments que les révolutionnaires pour dire que les droits des femmes pouvaient bien attendre la libération du prolétariat » ou encore « […] « social vs sociétal »  […] merci de ce débat manichéen  […] qui permettra de poser […] les bases du débat sur la question de l’égalité. »

A croire les auteurs de ces quelques mots,  évoquer ne serait-ce que le sens des priorités d’un gouvernement de gauche (bien de gauche), ce serait, de fait, être contre l’égalité (j’attends avec impatience l’attaque ad hominem et les insinuations de racisme). Après le reductio at hitlerum, le reductio at egalitarum (si tu émets des doutes sur ma vision de l’égalité, tu es contre l’égalité) . Un peu trop facile les copains: comme il est aisé de caricaturer le débat pour mieux esquiver le sujet de fond: Plus de 3 millions de chômeurs, plus de 3 millions de familles mal logés qui attendent la gauche et des réponses à leur situation précaire. Comment expliquer à l’ouvrier de Peugeot Aulnay ou à la famille en attente d’un logement social que le gouvernement a deux-trois petits trucs à faire avant de s’occuper de lui. Si le Parti Socialiste voulait se couper encore plus des classes populaires, c’est la voie à suivre. Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : Les questions relatives à la limitation du cumul des mandats, au droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales ou encore au mariage et l’adoption à tous les couples sont à mettre à l’étude (ne serait-ce que parce que ce sont des engagements de François Hollande) et ne sont pas à mettre au placard en attendant la sortie de crise mais comme l’a dit à juste titre Martine Aubry, il faudra convaincre : « sur le droit de vote, c’est un peu trop facile de signer des pétitions » et convaincre, cela prend du temps. Alors prenons le temps et fixons des caps afin de lutter aussi contre «cette société du zapping et (de) cette société du spectacle» comme l’a dit très justement à la tribune Manuel Valls.

Le Parti Socialiste et le gouvernement n’ont donc pas à faire le choix entre le social et le sociétal mais à hiérarchiser les priorités sans quoi le congrès de Toulouse n’aura été que la première pierre des défaites électorales à venir. Je ne doute pas que le juste choix sera fait, personnellement,  j’y crois encore

MAJ du 30 octobre. Article de Julien Dray http://juliendray.blogspot.fr/2012/10/la-droite-joue-la-crise.html

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