AJAP 2012, le cache-misère d’un enseignement de l’architecture à la dérive.


Ah qu’ils sont drôles ces architectes avec leurs noms rigolos…

Ah qu’ils sont frais et rafraîchissants ces bleus avec leurs cabanes en bois…

Ah qu’ils sont divertissants ces  nouveaux hiptsers de l’architecture…

Ah qu’elle est belle cette scénographie Mad Max bling bling…

Ah qu’ils ont de la chance d’être le futur de l’architecture FRANÇAISE…

Ah quel discours, Madame la ministre…

Point de jalousie ici, je n’ai rien contre les AJAP (tant mieux pour eux, même si le travail en loge pour le Prix de Rome me semblait plus égalitaire -j’y reviendrai dans un article spécial) , je n’ai contre les FREAKS (bien au contraire, ils sont eux un vrai vent frais) , je n’ai rien contre la Cité de l’Architecture (ils font ce qu’ils peuvent), je n’ai contre ma ministre de tutelle (c’est la crise), mais en quittant le vernissage  mardi soir, après une brève discussion avec Laurence Cassegrain (ex directrice adjointe de l’enseignement de l’architecture à l’ex DAPA), le vernis dorée de cette exposition était déjà patiné.

L’enseignement de l’architecture va de mal en pis. Ces dernières années, la suppression du Conseil Supérieur de l’Enseignement de l’Architecture (lieu de concertation des 20 écoles) et de la  Commission Culture scientifique et technique (en charge de l’habilitation des programmes des écoles d’architectures) mettait un frein à la concertation quant à l’avenir de l’enseignement sans que quiconque n’y trouve à redire. A ce jour et malgré de nouvelles promesses de la ministre: « La concertation [..] que je lancerai dès le mois prochain, leur permettra de tracer elles-mêmes les pistes d’un avenir prometteur, conforme aux exigences d’une  société en mutation. Elle aboutira à une analyse prospective de l’enseignement et de la recherche en architecture », aucune piste de réflexion n’est lancée, aucune ligne n’est fixé, plus aucun étudiant n’est invité, aucune nouvelle instance n’a été créée. Comme hochet, la présence d’un des 17 AJA de cette année dans la future concertation. Comme si, avec les nombreux et nouveaux marchés de mes jeunes et talentueux confrères, ces derniers allaient avoir le temps et l’envie d’y participer. Ajouter à cela qu’au cabinet de la ministre l’architecture est noyé entre les arts plastiques et la mode et  la nomination ce jour d’un financier à la direction générale des patrimoines, l’avenir n’est définitivement pas rose pour les futurs étudiants et les futurs architectes (sauf pour les 17 AJAP).

Tout ça n’est pas très grave, nous avons bu du champagne en mangeant des chips en se disant que tout irait mieux demain.

A lire l’article de JF Degioanni http://www.lemoniteur.fr/159-culture/article/actualite/19271464-ajap-2011-2012-apres-la-proclamation-l-exposition

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2 réflexions sur “AJAP 2012, le cache-misère d’un enseignement de l’architecture à la dérive.

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